Le président Joseph Kabila a finalement inauguré la semaine dernière le nouveau code minier en République démocratique du Congo, sous un bras de fer avec les opérateurs internationaux qui le juge “trop agressif”. Malgré cela, beaucoup d’analystes continuent de croire que cette loi, qui vise à accroître les revenus de l’Etat autour des mines et faire profiter ainsi les Congolais du boom qui éclate autour du Cobalt, ne devrait pas produit ces effets attendus.

Les redevances minières du cuivre du Congo resteront parmi les plus basses au monde, même après une augmentation“, explique David Fickling dans un article publié le 12 mars sur le site internet de l’agence de presse américaine (en anglais)

Même au nouveau taux de 3,5% proposé par l’assemblée nationale du pays, les frais seront toujours inférieurs à ceux pratiqués en Australie et aux États-Unis, selon la base de données des redevances sur le cuivre de PricewaterhouseCoopers . (Il y aura aussi un prélèvement supplémentaire sur les profits exceptionnels – mais l’ histoire de ces impôts suggère que peu d’argent sera récolté, de toute façon.)“, explique-t-il. 

Corruption et manque d’infrastructures

Comme noeud du problème, Fickling affirme d‘une part que les redevances ne représentent qu’une partie du coût d’une mine. “La ceinture de cuivre du sud-est du Congo est isolée et pauvre en infrastructures même selon les normes des principales régions minières. L’électricité est apportée par des lignes électriques à proximité de l’embouchure du fleuve Congo, de l’autre côté du continent, et la région a fortement investi dans des générateurs diesel de secours et modernisé les barrages et les lignes de transport pour gagner en stabilité. Les exportations se font le long d’une route serpentant via la Zambie et le Botswana vers le port sud-africain de Durban“, explique-t-il. 

Ainsi, à en croire l’auteur, cette situation de manque d’infrastructures est l’une des causes qui ne permettront pas à la RDC de pouvoir bénéficier pleinement du nouveau code minier, c’est-à-dire accroître les redevances.

Cela augmente considérablement les coûts. Malgré des teneurs en minerai parmi les plus élevées au monde et une riche dotation en cobalt , le coût d’exploitation de Katanga Mining Ltd., contrôlé par Glencore Plc, s’est établi à 2,17 $ par livre de cuivre en 2014.  1 Cela représente plus du double des 93 cents par livre à l’Escondida de BHP Billiton Ltd., au Chili, au cours de son dernier exercice financier. 

Par ailleurs, il cite étalement la corruption qui gangrène ce secteur, où des hommes d’affaires comme le milliardaire israélien Dan Gertler ont même été sanctionnés par des autorités américaines, ou des affaires de corruption présumée des proches du président Kabila.