Des élus de l’Ituri dénoncent “l’absence totale de l’Etat” dans la protection de civils
Dans un communiqué parvenu à POLITICO.CD, “les cadres politiques” de l’Ituri affirment condamner “avec la dernière énergie” l’inefficacité des agents de l’ordre (militaires et policiers) malgré leur déploiement massif et même les assurances du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur  à sécuriser les populations du territoire de Djugu, théâtre des affrontements interethniques qui ont de nouveau fait des morts le week-end dernier.

Nous déplorons encore à ce jour des tueries et massacres des civils à Maze et environs (la nuit du 7 au 2 mars 2018) ou plus de 50 personnes dont majoritairement des femmes et des enfants ont été tués sauvagement et d’autres blessés par des tueurs-terroristes venus des villages lendus selon les propos du Gouverneur de la Province de l’ituri“, affirme ce communiqué. 

Au moins 43 morts, des personnes blessées et plusieurs autres dégâts ont été enregistrés à la suite d’une attaque des miliciens dans la localité de Maze, en chefferie de Bahema nord, affirme Jean Bosco L’alu président de la société civile en province de l’Ituri.

Avant ce dernier massacre, l’Unicef avait documenté 76 cas de personnes tuées à l’arme blanche depuis décembre en Ituri.  Le gouvernement y a récemment dépêché une mission. Le Vice-Premier ministre congolais chargé de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadari, a annoncé, avant son remplacement en fin de semaine dernière, une enquête ainsi qu’une opération de l’armée sur place. M. Sahadari avait averti les habitants de la province de ne pas se laisser “exploiter par ceux qui ne veulent pas d’élections en RDC”.

Rappelant que ces tueries ont commencé depuis mi-décembre 2017, ces élus regrettent certains dysfonctionnement dans l’appareil judiciaire de cette province, déjà théâtre d’une situation similaire de violences ayant fait au moins 50.000 morts et 500.000 déplacés entre 1999 et 2013.

Les assaillants qui ont été arrêtés lors des précédentes tueries et qui ont été présentés à l’opinion publique ainsi qu’au Vice Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur au siège du Commissariat Provincial de la Police Nationale Congolaise de Ituri le 16/02/2018, n’ont jamais été présentés devant les autorités judiciaires fant civiles que militaires (Parquer Près le Tribunal de Grande Instance de l’ituri à Bunia et l’Auditoras Militaire de Garnison de l’ituri à Bunia)”, dit ce communiqué des élus de la Majorité comme de l’Opposition. 

“Pire encore, ces autorités judiciaires ne sont pas au courant du traitement des dossiers de ces présumés tueurs-terroristes de Djugu, qui en principe, doivent être traduits en justice et être jugés avec célérité en audience publique (en foraine) pour que la population iturienne sache qui sont les auteurs, les complices ainsi que quel est le mobile des massacres et tueries à Djugu”, ajoute-t-il. 

Les affrontements opposent les Lendu, agriculteurs de tradition, et les Hema, pasteurs. Les deux ethnies, à côté desquels vivent les Twa (pygmées), sont en conflit depuis de longues années.

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