Kabila en route vers le référendum?

Moïse Katumbi, populaire candidat à la présidentielle et figure majeure de l’opposition congolaise n’est pas allé par quatre chemins: Joseph Kabila veut organiser un référendum. Le leader du G7 estime même que les machines que la Commission électorale tente d’imposer comme moyen de vote sont destinées à cet usage.

“Vous avez vu le président de la CENI amener ses machines à tricher (…) où il veut maintenant organiser le référendum”, révèle-t-il, appelant “le peuple congolais à être vigilant”.  “Je demande à la population, cette fois-ci nous n’allons pas accepter.

L’idée d’un référendum pour modifier la Constitution de 2006, qui lui interdit de briguer un troisième mandat de président, est en effet évoquée depuis plusieurs années. Néanmoins, pour le journaliste Prosper Bagondo, du journal français Le Point, Joseph Kabila a des difficultés à se choisir un “dauphin” au sein de sa famille politique, ce qui le pousserait à envisager le référendum pour se maintenir au pouvoir.

Un temps, il s’est résolu à se choisir un dauphin. Plusieurs noms ont circulé. Certains même avec insistance : ceux d’Olive Lembe, sa femme, de Jaynet Kabila, sa sœur jumelle, ou encore d’Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale, ou de Matata Ponyo, l’ancien Premier ministre. Mais aucun n’a été jugé satisfaisant“, dit-il dans une analyse publiée cette semaine.

La Cour Constitutionnelle déjà préparée

“L’hypothèse d’une succession à l’intérieur de la famille est perçue comme hasardeuse sur le plan électoral, sans compter les successions récemment ratées entre Robert et Grace Mugabe au Zimbabwe ou entre Jacob et Nkosazana (Dlamini-)Zuma en Afrique du Sud qui font office de repoussoir.”

Par ailleurs, depuis octobre dernier, le Pouvoir congolais a entamé des procédures qui visent visiblement à préparer ce référendum,  en commençant par une refonte de la haute institution du pays: la Cour Constitutionnelle.

La Majorité Présidentielle a en effet déposé un projet de loi visant à amender le nombre de juges de cette Cour. Une proposition qui crée déjà des remous, et qui ne peut être faite sans modification de la Constitution.

En effet, la composition de la Cour Constitutionnelle est inscrite à l’article 157 de la Constitution de la République démocratique du Congo.

La Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le Président de la République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement réuni en Congrès et trois désignés par le Conseil supérieur de la magistrature.  Les deux tiers des membres de la Cour Constitutionnelle doivent être des juristes provenant de la magistrature, du barreau ou de l’enseignement universitaire

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