Il est 18h à Kinshasa. Sur l’avenue de Libération (ex-24 Novembre), l’église Notre-Dame de Lingwala, un chef d’oeuvre architectural construit en 1947 et inauguré fin 1949, sonne ses cloches. L’édifice religieux ayant aujourd’hui le statut de cathédrale à Kinshasa lance ainsi la campagne pour obtenir la tenue des élections et l’application de l’accord signé le 31 décembre entre l’opposition et le pouvoir.

Non loin de là, à Bandalungwa, une des chaudes communes de la ville-province de Kinshasa, des dizaines de Kinois sont même sortis dans les rues, sifflets en mains, faisant un boucan aux allures d’une fête. Les mêmes scènes seront signalées un peu partout dans la capitale congolaise.

L’Eglise catholique, qui s’est jointe à la campagne initiée par le mouvement des Congolais Debout de Sindika Dokolo, vient de réussir son premier test. Le rendez-vous semble désormais avoir été donné. L’opposition congolaise, qui a longuement appelé ses partisans à rejoindre la campagne, s’en félicite déjà.

Loin de faire trembler le régime de Kinshasa, ces bruits entament néanmoins un processus de mobilisation très redouté le pouvoir congolais.