Alors qu’il n’avait plus que 24 heures pour présenter sa démission, Bruno Tshibala Nzenze, s’est rendu à la représentation nationale pour faire l’économie du projet de budget de finances publiques pour l’exercice 2018. Il se présente en équilibre en recettes et en dépenses, à 10.313,3 milliards de Francs congolais. Soit 12,9% du PIB et un taux de régression de 10,5% par rapport à son niveau de l’exercice 2017 arrêté à 11.524,5 milliards de Fc.

S’agissant de sa démission exigée par les députés, la commission spéciale a rejeté la requête d’Henri-Thomas Lokondo. Et du coup, elle sauve Tshibala de l’ultimatum de l’interpellateur qui avait demandé au Premier ministre, quelques auparavant, de démissionner volontairement.

La commission spéciale mise en place pour rédiger le rapport de la plénière relative à l’interpellation du Premier ministre accusé d’un retard criant dans le dépôt du projet de loi de finances pour l’exercice 2018, n’a pas retenu la conclusion de Lokondo.

Le rapport présenté par la commission n’a pas fait l’unanimité, même si en définitive, il a été approuvé par la plénière. La commission qui a fait savoir que la recommandation de l’interpellateur heurte l’esprit de l’article 126, alinéa 7 de la Constitution. De même que l’interpellateur n’a pas clairement agencé des arguments juridiques pour convaincre les intervenants.

Toussaint Alonga, député de l’Opposition qui soutient la démarche de Lokondo, a rejeté la conclusion de la commission ad hoc, estimant que le verbe « heurter » employé par cette commission n’est pas sa place, parce que la disposition constitutionnelle invoquée table sur une démission d’office, de plein droit. « Les propos de Lokondo ne violent pas l’article 126 étant entendu que le Premier ministre lui-même reconnaît avoir violé la Constitution et la loi de finances. D’où l’appel à la démission volontaire », a-t-il argumenté.

Henri-Thomas Lokondo, initiateur de l’interpellation contre Bruno Tshibala entend poursuivre son action jusqu’au bout. Il projette ainsi initier une motion de censure contre le Premier ministre.