Dans ce rapport publié 10 août, le  groupe d’experts de l’ONU affirme  que « les FOREBU [Forces républicaines du Burundi] qui ne prônent pas d’idéologie particulière autre que celle de s’opposer au gouvernement burundais, sont devenues, au milieu de l’année 2017, le groupe armé burundais le plus important opérant en République démocratique du Congo ».

Pour faire face à cette menace, l’armée burundaise utiliserait parfois des moyens illégaux. “Ils dévoilent notamment l’existence d’un réseau de trafics d’armes entre « des membres de l’armée burundaise, des intermédiaires et des groupes armés congolais”, relate le rapport relayé notamment par Jeune Afrique.

Ce réseau a notamment permis d’alimenter les milices d’autodéfense congolaises « Maï-Maï Mwenyemali, les Maï-Maï Bigaya, les Maï-Maï Nyerere et les Maï-Maï Karakara ». « Des sources ont expliqué au groupe d’experts que ces transferts viseraient à contrer les menaces à la sécurité que faisaient peser sur le Gouvernement burundais les groupes comme la Red-Tabara et les Forebu, en soutenant des groupes armés congolais qui pourraient à terme agir pour leur compte », explique-t-on.

« Des témoins lui ont fait état d’un transfert de 10 fusils et de six boîtes de munitions à Katogota, d’un autre de 15 fusils d’assaut de type AK-47 et d’un sac de munitions à Luberizi, et d’un troisième de deux mitrailleuses légères, deux lance-grenades, deux pistolets, cinq fusils d’assaut de type AK-47 et plusieurs caisses de munitions à Sange », poursuit le rapport.

Par ailleurs, le rapport revient sur une incursion de l’armée burundaise en territoire congolais à Kiliba Ondes le 21 décembre 2016, vraisemblablement pour y traquer des rebelles burundais. « Le groupe sait que les FDN [l’armée burundaise] franchissent régulièrement la frontière pour mener des patrouilles conjointes avec les FARDC » affirment les experts.

« Cinq témoins ont indiqué aux experts avoir vu des soldats des FDN entrer en République démocratique du Congo près du poste frontière de Vugizo autour de 7 heures. Peu de temps après avoir entamé leur progression vers le secteur 6 à Kiliba, ils ont ouvert le feu. Selon certains témoins, les FDN comptaient peut-être s’en prendre aux combattants des FNL-Nzabampema mais le bataillon des FARDC, stationné dans les environs, a riposté aux coups de feu des FDN. »

« Au cours des affrontements, un agriculteur et un soldat des FARDC ont été blessés. Si les déclarations sur le nombre de victimes divergent, une dizaine de témoins s’accordent pour dire qu’au moins trois soldats des FDN ont été tués, puis emmenés à la morgue de l’hôpital général d’Uvira. »

Avec Jeune Afrique