Nous sommes le 17 novembre 2017, Joseph Kabila vient de prononcer son discours sur l’état de la nation, y défiant l’opposition dirigée par Etienne Tshisekedi, qui, selon lui, n’a pas réservé une bonne suite à la consultation initiée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO),  à l’issue du Dialogue boycotté de la Cité de l’Union Africaine.  Contre toute attente, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement calme le jeu, appelant, dans un communiqué publié dans la foulée de ce discours, “au vrai Dialogue”. Cet épisode symbolise à lui seul l’attitude conciliatrice d’Etienne Tshisekedi pour l’aboutissement de ce dialogue laborieux.

Pour autant, le chemin n’aura pas été simple. Dès juin 2014, l’opposant historique de la lutte pour la démocratie en RDC a appelé, à l’issue du congrès de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) à Kinshasa, à un “Dialogue pour l’organisation des élections apaisées et transparentes en 2016“.  Joseph Kabila lui emboîtera les en novembre 2015 en signant un décret convoquant le ce fameux Dialogue.

Malgré d’interminables discussions entre représentants de la Majorité et ceux de Tshisekedi en coulisses en Europe, le consensus pour la tenue de ce Dialogue se fera désirer durant toute l’année 2016.  La Communauté internationale, dont les Etats-Unis, mais aussi la France et même des pays de la sous-région comme l’Angola ou le Congo-Brazzaville auront batailler ferme pour la tenue de ces discussions.

Ainsi, comme le révèle le magazine Jeune Afrique dans un article publié cet après-midi sur son site internet, c’est de Luanda, puissance régionale historiquement très influente en RD Congo, que sont venus les signes les plus clairs en pour la signature de cet accord inclusif le 31 décembre dernier. Le 23 décembre, explique Jeune Afrique, le gouvernement angolais a retiré ses officiers qui participaient à la formation de l’armée et de la police congolaises. « Le meilleur moyen d’obtenir la stabilité, c’est de signer des accords et de respecter sa parole », glisse une source proche du gouvernement angolais, cité par le magazine Panafricain.

De son côté, Etienne Tshisekedi a eu le coeur lourd d’accepter que Joseph Kabila reste au pouvoir malgré la fin constitutionnelle de son mandat le 19 décembre 2016. Une concession de poids qui aura eu comme conséquence de motiver les parties à signer. Et l’autre concessions de taille, à savoir le “cas Katumbi”, n’aura été possible sans l’influence du leader-maximo auprès de l’ancien gouverneur du Katanga qui s’est résolu depuis de prendre exemple sous son modèle politique. Une fois l’accord signé, celui qui avait la charge de superviser l’évolution du processus jusqu’aux élections en décembre 2017 à la tête du Comité de suivi ne sera finalement  pas là pour achever son oeuvre.

L’aboutissement de l’accord comme dernière volonté

Dès lors, des voix s’élèvent tant au pays que dans la communauté internationale pour l’application de l’argent, au nom du noble combat d’Etienne Tshisekedi.  Entre hommages et tristesse, la présidente sortante de la commission de l’Union Africaine, Nkosazana Dlamini Zuma a été la première à présenter les condoléances de son institution au gouvernement congolais, tout en appelant sans équivoque à l’application de cet accord dont  elle reconnaît à Tshisekedi la paternité.

L’Union Africaine pense que la seule manière d’immortaliser le combat du Sphinx de Limete est de mettre en oeuvre l’accord du 31 décembre, facilité par la Conférence épiscopale nationale du Congo. Étienne Tshisekedi a joué un rôle important dans l’accomplissement de ce processus, note le document de l’UA, qui voit en cet accord le dernier combat gagné par Étienne Tshisekedi et son héritage à la nation Congolaise“, a dit Mme Zuma.

Même son de cloche du côté de la France, ou son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault affirmé: « Il est important, pour la mémoire d’Etienne Tshisekedi et pour l’avenir de la RDC, que les espoirs suscités par cet accord se concrétisent rapidement pour une transition démocratique à la fin de l’année 2017 ».

Du côté des opposants, Moïse Katumbi a lancé le même appelle dans un communiqué publié dans la foulée. “Nous avons le devoir d’honorer sa mémoire“, a-t-il dit.

Avec le trou béant laissé par la disparition d’Etienne Tshisekedi,  un homme politique comme il n’y en eut guère au 20e et 21 siècle, dont le  parcours, les gestes et les mots sont à la fois une leçon et un message de vie, l’aboutissement du processus électoral prévu dans cet accord reste le seul testament et héritage légué à la nation.

2 comments

  1. Il reste le seul vrai politicien congolais et mérite plus qu’être un héros national.
    Pour moi je dirai que le jour du premier février doit rester une journée internationale de la démocratie au monde et doit être ferrier.
    Et il mérite les prix nobles de la paix ainsi que de la démocratie.

    Nous ne t’oublierons jamais et nous parlerons de toi à nos enfants et nous demanderons à eux d’en faire aux leurs…. Ya Tshitshi

  2. C’est maintenant qu’on se rend compte de l’ampleur du travail accompli pendant ces 36 années.
    Des gens sont morts d’autres ont vendu leur âme au diable pour avoir un peu de notoriété. Lui est toujours resté égal à lui même, à ses convictions. Il a accepté les insultes, les relégation à l’intérieur du pays, les tortures, Dieu seul sait combien cet homme a souffert. Il a sacrifié sa famille pour l’amour de son pays et de son peuple tout entier.
    Je lis des commentaires élogieux écrits sur divers sites, et je me dis que si seulement 1/100 de tout ces commentateurs avait fait cela beaucoup plus tôt, le pays serait déjà démocratisé et lui, serait peut être encore là, pour savourer le résultat de tout ses efforts. Mais bon, demain porte l’espoir de voir ce rêve se realiser . Mon coeur est triste , paix à son âme.

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