Dans une note publiée par l’Institut Français des relations internationales (Ifri), le principal centre indépendant de recherche, d’information et de débat sur les grandes questions internationales, les chercheurs Marc-André LAGRANGE et Thierry VIRCOULON, ont dressé un bilan sombre de la présence onusienne en RDC.

« L’impasse actuelle de la MONUSCO paraît encore plus dangereuse en cette année d’échéance électorale où la pression monte entre le régime et l’opposition. La stratégie dite du glissement du président Kabila risque d’aboutir à deux scénarios négatifs pour les Nations unies : une confrontation violente, que la plus grande mission de maintien de la paix dans le monde sera une fois de plus incapable de contenir, ou une répression préventive, que la MONUSCO ne pourra qu’observer et condamner par voie de communiqués de presse. La future crise électorale sera une nouvelle preuve que la MONUSCO n’apporte plus de solutions aux problèmes congolais », disent les chercheurs.

Dans cette note intitulée « Réflexions sur 17 ans de présence de l’ONU en République démocratique du Congo », l’Ifri estime que les récentes arrivées des personnalités africaines sur le sol congolais à des postes de responsabilité peuvent préfigurer l’intervention prochaine de l’UA.

« Pressentant cette issue, l’ONU peut être tentée d’impliquer un autre acteur pour ne pas porter l’entière responsabilité du futur échec, à savoir l’Union africaine. Alors que l’Union africaine a brillé par son absence concernant le conflit congolais, les désignations de Saïd Djinnit comme envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs et de Maman Sidikou, ex-représentant spécial de l’UA pour la Somalie et chef de la mission de l’UA en Somalie, comme SGSR ont ouvert une nouvelle fenêtre d’opportunité pour l’Union africaine. À ces deux nominations s’ajoute celle du général sud-africain Derrick Mbuselo Mgwebi comme Force Commander. Outre qu’elles constituent un geste conciliant à l’égard du régime, ces nominations préfigurent une implication de l’Union africaine dans le face-à-face électoral. Elles font aussi entrer de nouveaux intérêts africains dans le champ des relations entre l’ONU et la RDC et risquent, de ce fait, d’approfondir encore davantage les problèmes structurels de mise en œuvre du mandat onusien. »

Trouvez l’intégralité de cette étude ici.

1 comment

  1. Tout compte fait, il s’avère que la mission de l’ONU est un échec cuisant après les 17 ans de sa présence en RDC pour n’avoir pas réussi à assurer véritablement la paix aux populations de ce pays comme prévu initialement. Nous croyons qu’il aurait fallu organiser les élections libres et transparentes dans ce pays sous l’égide des Nations Unies pour enfin installer des institutions démocratiques que nous considérons comme le soubassement de la paix durable dans ce pays, au lieu de financier la plus importante mission qui n’aura rien servi à assurer et à stabiliser la paix dans ce pays. Si l’élu du peuple des élections passées aurait dirigé le pays au cours du dernier quinquenat qui s’achève bientôt, l’ONU aurait plus de chances de réussir au moins pour peut être la première fois, à garantir la paix parce que les aspirations du peuple seraient respectées.

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