Alors qu’il vient de rencontrer Etienne Tshisekedi à Bruxelles, l’envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs, a pointé du doigt la responsabilité du gouvernement de la RDC dans le non-respect du délai constitutionnel. Il l’a dit au cours d’une interview accordée à RFI ce vendredi 8 avril 2016.

Constitutionnellement le mandat du président Kabila termine le 19 décembre 2016. S’il n’y a pas d’élection ou une façon de sortir de la situation actuelle, il s’agira d’une très grave crise constitutionnelle. Nous savons par ce que s’est passé au Burundi notamment que cela peut emmener à une grande instabilité. Nous sommes portés à croire que nous sommes face à une crise montée de toutes pièces parce que le pays s’est attelé à la tâche depuis deux ans et a jeté les bases de la démocratie. Il s’est également doté d’une constitution. Rien n’empêche la RDC de tenir ce qui peut être une transition pacifique et historique. Le principal obstacle est le gouvernement qui se refuse à faire le nécessaire pour aller dans ce sens. Tout porte à croire que ce glissement n’est pas fortuit, mais un choix délibéré, une stratégie à très haut risque dans un pays qui a pourtant déjà beaucoup fait au passé grâce aux efforts du président Kabila : de la guerre civile la plus sanglante de l’ère moderne à la stabilité. Tout cela pourrait être mis en péril pour des raisons tout à fait artificielles.

Il compare la situation de la RDC à celle du Burundi

Ce qu’on a vu dans le cas du Président Nkuruziza que lorsque d’un individu peu importe sa popularité enfreint la loi pour rester au pouvoir  il met en péril la stabilité et le progrès de son pays, auquel à mon avis il tient profondément. Nous devrions déjà être en train de parler du Burundi comme un exemple de réconciliation post-conflit. Nous devrions être parlés d’investissement et pas de sanction. Il en tenait qu’aux dirigeants d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire du Burundi. C’est la même chose en RDC. Nous pourrions être en train de parler d’une étape historique pour un pays qui a enduré des graves souffrances, parmi les plus graves de notre époque. Le Président Kabila a entre ses mains plus que quiconque le pouvoir de faire de cette transition une réalité.

1 comment

  1. La déclaration que l’Envoyé Spécial États-Unis dans la région des Grands Lacs, M. Tom Perriello, vient de faire hier à Bruxelles juste après sa rencontre avec M. Etienne Tshisekedi est bien fort pertinente. A en croire les nouvelles que je tiens des sources confidentielles au sein du Gouvernement congolais hautement crédibles, la stratégie de M. Joseph Kabila Kanambe qui refuse de partir du pouvoir au terme de ses deux mandats constitutionnels est de survivre au Président Barrack H. Obama espérant ainsi pouvoir négocier avec le prochain occupant de la Maison Blanche, qu’il soit Démocrate ou Républicain, pour amender la Constitution congolaise et se débarrasser de la clause constitutionnelle qui limite le terme du pouvoir présidentiel à deux mandats successifs au maximum. Evidemment, M. Joseph Kabila se trompe dangereusement pour trois raisons essentielles: 1. Le Président Barrack Obama ne lui en veut pas personnellement et ne cherche à lui imposer rien. Il lui demande simplement de respecter la volonté du peuple congolais telle qu’exprimée dans les prescripts de la Constitution congolaise actuelle; 2. La position du Président Barrack Obama, qu’il déteste d’ailleurs à tort, est partagée par tous les Gouvernements du Monde Libre; 3. Dans le cas nettement improbable – pour ne pas dire irréalisable – où il réussirait à rester illégalement – donc par la force – au pouvoir au Congo jusqu’après le 20 janvier 2017, le prochain occupant de la Maison Blanche, qu’il soit Démocrate ou Républicain, ne changera pas facilement la politique étrangère des États-Unis à l’égard de l’Afrique et du Congo telle qu’impulsée et appliquée par le Président Obama pour la simple et bonne raison qu’elle est bipartisane. M. Joseph Kabila et son entourage devraient au contraire apprendre plutôt à lire les signes du temps qui sont pourtant nombreux et qui ont annoncé depuis longtemps l’avénement d’une nouvelle ère pour l’Afrique et le monde. Partant, le Président Kabila aurait tout à gagner et rien à perdre à s’apprêter déjà à partir calmément du pouvoir au Congo au plus tard au 19 décembre 2016.

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