Agression dans l’Est : la RDC intente une plainte contre la coalition armée rwandaise-M23 à la CPI

La ministre congolaise de la Justice et garde des Sceaux Rose Mutombo a déposé une plainte à la Cour Pénale Internationale (CPI), à la Haye aux Pays-Bas, contre le mouvement terroriste M23 et son allié l’armée rwandaise pour les crimes commis dans l’Est du pays. La plainte a été réceptionnée par le Procureur adjoint Mame Mandiaye Niang.

Après échange avec le bureau du Procureur de la Cour Internationale Internationale (CPI), Rose Mutombo a souligné que la RDC est profondément préoccupée par les graves violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme commises et qui se perpétuent, contre les populations civiles, ainsi que les pillages systématiques et à grande échelle de ses ressources naturelles par les agents de la coalition RDF-M23.

Au nom du gouvernement de la RDC, la ministre de la Justice a demandé à la CPI de focaliser son attention et d’initier le processus d’enquête aux fins des poursuites et de répression des agents de la coalition RDF-M23 ainsi que de toute autre personne impliquée, à titre d’auteur ou de complice, dans les actes et comportements illicites caractérisés par de graves violations du Droit international humanitaire (DIH) et du Droit international des droits de l’homme (DIDH) enregistrés entre 2022 et 2023.

« La République démocratique du Congo a inscrit cette plainte dans la dynamique de la cause de l’humanité pour lutter contre l’impunité desdits crimes, en recourant aux moyens civilisés, notamment par sa pleine et entière collaboration avec la Cour pénale internationale. Le but est de faire en sorte que les auteurs des violations les plus graves du DIH et du DIDH qui touchent l’ensemble de la communauté internationale, répondent de leurs actes », a-t-elle pesté.

Kishishe, Bambo, abattoirs humains du M23

Fin novembre 2022, le monde était choqué par le massacre de civils à Bambo et Kishishe, dans la province du Nord-Kivu. Ce drame a été attribué au M23 à la suite d’affrontements avec les milices locales.

Une enquête préliminaire du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme en République démocratique du Congo (BCNUDH) et de la MONUSCO publiée le 07 décembre 2022 confirme que les terroristes du M23 ont tué au moins 131 civils (102 hommes, 17 femmes et 12 enfants) au cours d’actes de représailles contre les populations civiles perpétrés les 29 et 30 novembre, à Kishishe et Bambo, deux villages du territoire de Rutshuru dans la province du Nord Kivu en République démocratique du Congo.

Selon ces organes de l’ONU, les victimes ont été exécutées arbitrairement par balles ou à l’aide d’armes blanches. Huit personnes ont par ailleurs été blessées par balles et 60 autres enlevées. Au moins 22 femmes et cinq filles ont été violées.

Ces violences ont été commises dans le cadre d’une campagne de meurtres, de viols, d’enlèvements et de pillages contre ces deux villages du territoire de Rutshuru en représailles à des affrontements entre le M23 et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR – FOCA) et des groupes armés Mayi-Mayi Mazembe et Nyatura Coalition des Mouvements pour le Changement.

Dans un autre rapport publié le 7 février 2023, le BCNUDH a revu à la hausse ce bilan porté à 171 civils tués. Les autorités congolaises parlent de plus de 300 personnes massacrées au cours de ces représailles.

Kinshasa avait pour cette fin, adressé une invitation au Procureur de la CPI, Karim Khan, pour une visite prévue du 28 au 31 mai prochain dans la capitale congolaise et d’autres provinces concernées par ces atrocités.

Carmel NDEO

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