RDC-Rwanda: Tshisekedi et Kagame prévoient de prendre des mesures spécifiques pour réduire les tensions actuelles (Maison Blanche)

Depuis plusieurs mois, l’administration des États Unis d’Amérique entreprend une médiation pour tenter d’obtenir la désescalade de la crise diplomatique entre la République démocratique du Congo et son voisin, le Rwanda. Après la visite du secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, à Kinshasa et à Kigali en août 2022, suivie d’une série d’échanges téléphoniques pour essayer de persuader les Présidents Tshisekedi et Kagame, les tensions n’ont pas baissé d’un cran.

Récemment, les Nations unies ont alerté sur le réel risque d’une confrontation directe entre la RDC et le Rwanda. Comme signaux, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU dans la région des Grands Lacs avait relevé le renforcement militaire des deux pays, l’absence d’un dialogue direct de haut niveau et la persistance des discours de haine, qui, selon ses termes, ne peuvent être ignorés.

Un jour plus tôt, le Conseil de sécurité de l’ONU avait réitéré l’appel au calme et à une intensification du dialogue entre la RDC et le Rwanda pour faire avancer une paix durable dans la région et parvenir à un « règlement politique » de la crise actuelle. En dépit de ces appels maintes fois réitérés, la crise persiste et la situation humanitaire dans le Nord-Kivu continue de se détériorer.

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le dessous de la visite en RDC et au Rwanda d’Avril Haines, directrice du renseignement des USA

Si les multiples tentatives du chef de la diplomatie semblent butées à la résistance de deux pays, l’administration Biden demeure cependant optimiste quant à l’issue de cette démarche.

Du 19 au 20 novembre courant, Avril Haines, directrice du renseignement national (DNI), s’est rendue au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC). Le DNI a été rejoint par la secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines, Molly Phee, et l’assistante spéciale du Président et directeur principal de la NSC pour les affaires africaines, Judd Devermont.

Elle a rencontré tour à tour le Président rwandais Kagame et le Président congolais Tshisekedi pour obtenir des engagements des deux dirigeants pour désamorcer les tensions dans l’est de la RDC.

« Reconnaissant la longue histoire de conflit dans cette région, les présidents Kagame et Tshisekedi prévoient de prendre des mesures spécifiques pour réduire les tensions actuelles en répondant aux préoccupations respectives en matière de sécurité des deux pays. Les étapes sont tirées des arrangements précédents conclus avec le soutien des voisins dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi », annonce un communiqué de la Maison Blanche.

Dans la même déclaration, le gouvernement américain a réaffirmé son intention de surveiller ces mesures prises par la RDC et le Rwanda en vue de la désescalade, et prévoit de soutenir les engagements diplomatiques et de renseignement entre les deux pays afin de favoriser une plus grande sécurité et prospérité pour les peuples congolais et rwandais.

Depuis plus d’une année, le gouvernement de la République démocratique du Congo se dit victime d’une agression « injuste et barbare » perpétré par le Rwanda pour des raisons expansionnistes et économiques. Se basant sur les rapports des experts de l’ONU, Kinshasa accuse Kigali d’être derrière les terroristes du M23 qui ont envahi des larges pans de terre dans le Nord-Kivu y commettant des graves violations des droits humains comme le meurtre des civils à Kishishe et Bambo.

De son côté, Kigali qui réfute ces accusations, dénonce une collaboration entre les forces armées congolaises (FARDC) et les rebelles du FDLR.

Carmel NDEO

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