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Bruxelles poursuit une société belge pour «abus de biens sociaux» en RDC

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Un dossier judiciaire a été initié en janvier 2017 et mis à l’instruction en mai dernier pour «abus de biens sociaux», à propos d’investissements de Nethys en RDC, rapporte jeudi Le Vif. À l’origine de cette enquête judiciaire, un investissement d’Elicio, filiale à 99% du groupe énergétique liégeois, dans un projet de centrale hydroélectrique au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les investissements ont été dévoilés par l’Écho en octobre 2016. Le projet de centrale hydroélectrique est porté par la SA de droit belge, Electricité du bassin de Ivugha (EBI). Cette dernière a été créée en août 2016 et compte 4 actionnaires: Elicio ainsi que trois (anciens) hommes forts de Nethys, Stéphane Moreau (CEO), Marc Beyens (Développement international) et Pierre Meyers (président du CA) via sa société M3 avec ses deux fils.

Cet investissement a resurgi fin janvier 2017 chez Sudpresse, en plein scandale Publifin. À ce moment-là, la question d’un conflit d’intérêts dans le chef de Stéphane Moreau et Pierre Meyers ou «à tout le moins d’un malsain mélange des genres» est posée, souligne Le Vif. «Ce mélange d’argent privé avec des fonds issus d’une société à capitaux publics fait tache.»

Interrogé par le magazine, Pierre Meyers affirme ignorer l’existence d’une instruction judiciaire autour de ce projet auquel il a également accordé un prêt subordonné de 500 000 euros. Il explique qu’au départ, Elicio devait être le seul actionnaire d’EBI «à hauteur de 800 000 euros au démarrage. Mais vu l’instabilité politique au Nord-Kivu (des dizaines de villageois ont été massacrés dans la région du projet hydroélectrique quelques jours avant la création de EBI, le 17 août 2016, NDLR), Elicio a réduit la voilure à 200.000 euros».

Pour éviter de perdre le projet, MM. Moreau, Beyens et Meyers ont avancé l’argent. «Pour ce qui me concerne, si Elicio souhaite racheter mes actions EBI, je les lui céderai à leur valeur nominale», déclare Pierre Meyers.

MM. Moreau et Beyens n’ont eux pas répondu aux sollicitations du Vif.

Avec Belga, L’avenir et Le Vif.

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