Magistrat militaire, avocat général des FARDC, conseiller du ministre d’Etat, ministre de la Justice et président du Comité national de prévention et répression du génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et toute forme de discrimination (CNPG), PIERRE-EGIDE BOSSALE se bat bec et ongles afin que le gouvernement lève des fonds nécessaires à l’opérationnalisation de ce nouveau mécanisme de lutte contre les atrocités de masse appelé à s’étendre en provinces.

La mise en oeuvre de ce comité est aujourd’hui possible grâce au décret du Premier ministre Bruno Tshibala n•18/058 du 28 décembre 2018 portant création, organisatiin et fonctionnement de cette structure nationale. Mais cette opérationnalisation nécessite la mise à disposition des moyens en vue de son déploiement en provonces à insécurité récurrente avant tout; lesquelles s’étendent, selon les propos du président du CNPG, du triangle allant de l’Ituri jusqu’au Nord-Katanga en passant par les Nord et Sud-Kivu ainsi que les régions du Kasaï en proie, il y a quelque temps aux exactions de l’ex -milice Kamuina Naspu, avant de lorgner vers les provinces généralement paisibles du pays, a déclaré le Colonel BOSSALE à Politico.cd.

Si c’est le decret 18/058 qui formalise ce comité, cette structure a fonctionné en informelle depuis 2014 en application du Pacte et des Protocoles de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) signés à Dar-es-Salaam.

Dans l’état des lieux que le président du CNPG dresse dans la région, il ressort que la RDC est le dernier à formaliser ce nouveau mécanisme de lutte contre les atrocités de masse. La Tanzanie, le Kenya, le Rwanda, le Congo-Brazza, l’Angola et le Burundi sont suffisamment en avance dans le provessus de mise en place de leurs comités nationaux.

Après le décret du 28 décembre 2018, le défi reste l’opérationalisation de ce comité en provinces. La stratégie consistera à travailler sur et dans l’homme car, soutient le Colonel BOSSALE, les atrocités naissent dans le coeur de l’homme, au milieu de petites incompréhensions et querelles mal contrôlées, non maîtrisées, lesquelles débouchent sur des crimes graves.

Pour ce faire, le comite va initier des campagnes de sensibilisation, à partir des communautés de base. Le but est de faire comprendre aux hommes et femmes l’intérêt de vivre en paix, dans la convivialité, l’harmonie et le bon voisinage en privilégiant le dialogue et la réconciliation.

D’autre part, le Comité abordera la question dans une perspective holistique qui impliquera les médias, autorités traditionnelles, leaders d’opinion, confessions religieuses, syndicats, mouvements des jeunes et ceux des femmes, l’armée, la police… Pendant ce temps, le gouvernement doit réfléchir sur le meilleur système de défense et de sécurité à mettre en place, de manière a créer une résilience qui ferait que l’Etat soit capable de proposer des solutions idoines et dirables, chaque fois ce problème surviendra.

Augustin Kinienzi/Politico.cd