Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont arrêté deux militaires rwandais sur le sol congolais dans le cimetière principal de la ville de Goma au Nord-Kivu, non loin de l’aéroport de Goma, la semaine dernière.  Les deux militaires rwandais arrêtés étaient munis de deux armes, du matériel de communication et de transmission.

Selon des sources concordantes, après une présentation à la presse à Goma, ces deux militaires ont été remis par les autorités congolaises au Mécanisme conjoint de vérification des frontières, en vue de leur rapatriement dans leur pays le Rwanda. Cet incident s’ajoute à un affrontement entre FARDC et l’armée rwandaise le 23 février 2018 à Mikeno qui a fait six morts parmi les militaires congolais.

Selon le Kivu Security Tracker (KST), un projet conjoint du Congo Research Group, basé au Centre de coopération internationale de l’Université de New York, et de Human Rights Watch, il y a également eu des incursions fréquentes de l’armée rwandaise dans les territoires de Nyiragongo et Rutshuru l’année passée et cette année.

« Apparemment pour traquer certains membres des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) », note l’organisation, qui cite une source locale.

Cependant, renseigne cette structure née pour «cartographier la violence dans l’est de la RDC,  avant la crise du M23, la dernière rébellion rwandaise au pays,  il y avait souvent des déploiements semi-formels des Rwandan Defense Forces (RDF).  « Avec Umoja Wetu, en 2009, des centaines sont entrées brièvement pour opérer conjointement avec les FARDC. Pendant les opérations Kimia II et Amani Leo (2009-2012), des unités de l’armée rwandaise entraient informellement––en janvier 2012, par exemple, une telle unité aurait tué le Chef d’état-major des FDLR Leodomir Mugaragu », explique-t-on dans une publication consultée vendredi par POLITICO.CD.

« Depuis la fin du M23, une rébellion qui a été soutenue par les RDF, ces incursions sont devenues plus rares––on se rappelle de l’accrochage du 11 juin 2014 où un caporal FARDC avait péri––m ais deux incidents dans les deux mois passés suscitent des questions par rapport à la relation entre les deux pays », note-t-on.