Une ONG américaine demande au fabriquant des machines à voter de les retirer

Dans une lettre adressée Jin-Bok Chung, PDG de Miru Systems, Sasha Lezhnev, Directeur adjoint chargé de la politique à Enough Project, appelle le coréen à considérer “les risques de réputation” pour son entreprise en “continuant à s’engager dans un processus non transparent’.

Nous soutenons fortement les élections crédibles et transparentes au Congo, mais le processus électoral à ce jour a été caractérisé par un manque de transparence. Les dirigeants de la société civile congolaise se disent sérieusement préoccupés par le fait que le gouvernement de la RDC manipulera la technologie électorale pour perpétuer la fraude électorale. Nous constatons qu’il n’y a pas eu d’appel d’offres public pour un contrat de machines à voter électroniques, et nous partageons les craintes de la société civile que l’utilisation de technologies controversées mettra en péril l’opportunité pour le Congo d’un transfert de pouvoir pacifique“, dit-il dans sa lettre traduite de l’anglais par POLITICO.CD et datée du 17 mars dernier.

Mercredi, Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé que ces machines seront bel et bien utilisées aux élections prévues pour le 23 décembre prochain, malgré des contestations. “On va voter avec la machine à voter. Les autorisations administratives ont été acquises, nous avons signé les contrats, la fabrication a commencé“, dit-il dans une interview.

Pour lui, la question de cette machine ne concerne nullement le gouvernement sud-coréen qui a émis des réserves à ce sujet. “Est-ce que c’est un problème de la Corée du sud? J’ai acheté les matériels pour l’enrôlement en France, auprès d’une entreprise française Gemalto, en quoi ça concernait le gouvernement français? En 2016, on a acquit les matériels de la Belgique, en quoi ça concernait le gouvernement belge?” interroge-t-il.

Risque de chaos

Cependant, dans sa lettre, Sasha Lezhnev insiste auprès du fabriquant sud-coréen. “Nous voudrions également vous rappeler que la République de Corée est membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et que les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales incluent le respect des meilleures pratiques anticorruption dans le commerce international et contre la contribution à des violations potentielles des droits de l’homme“, dit-il.

En février dernier, Corneille Nangaa avait déjà  annoncé à l’AFP que sans utilisation de “machines à voter”, il ne serait pas possible d’organiser les élections du 23 décembre 2018.

Le 10 avril, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Norbert Basengezi, a annoncé deux appels d’offre internationale dont un pour l’audit du fichier électoral et l’autre pour la certification de la machine à voter ont été lancés. Cette annonce intervenait alors que l’opposition, l’église catholique et les organisations de la société civile dénoncent toujours ces machines.

Le Comité Laïc de coordination (CLC), une structure catholique, affirme que ces machines risquent de plonger “inutilement” le pays dans un cycle de Violences.” “Le CLC attire l’attention des partenaires sur le fait que le manque de confiance des électeurs dans l’institution organisatrice demeure un sujet plus que préoccupant“, dit-il dans un communiqué publié le week-end dernier, et qui “exige une solution urgente“, appelant la CENI à “retirer immédiatement son projet de machine à voter.

Le Groupe d’étude sur le Congo a de son côté publié une analyse sur cette machine à voter qui va dans le sens de décourager la persistance de la CENI à utiliser cet outil qui multiplie des incertitudes et des inquiétudes quant à l’issue heureuse du processus électoral.

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