La séance plénière de ce mercredi 11 avril 2018 à l’Assemblée nationale a traité une question orale avec débat adressée au ministre de l’Economie nationale Joseph Kapika, autour de la réglementation des prix des denrées de première nécessité.

En effet, l’élu UDPS Serge Mayamba Massaka a, dans sa question, remarqué que depuis plusieurs jours dans le pays, une flambée des prix des denrées alimentaires sur le marché. Et toutes les communications faites par le ministre de l’Economie à l’endroit des opérateurs économiques en vue de la révision à la baisse, ou du maintien au prix initial de ces denrées, ne se font suivre d’aucune exécution dans le chef desdits opérateurs économiques. “Et le comportement affiché par ceux du secteur de la panification est actuellement éloquent quant à ce”, a-t-il indiqué.

Par conséquent, le député Serge Mayamba estime que cette situation tant décriée par la population engendre un déséquilibre indescriptible des ménages et a exigé de la part du ministre de tutelle, un éclairage de la représentation nationale. “Notamment, par rapport à la politique du Ministère de l’Economie nationale sur la fixation des prix des denrées alimentaires de première nécessité ; mais aussi, aux dispositions prises par ledit ministère pour contraindre les opérateurs économiques récalcitrants au respect de la loi et des instructions communiquées dans l’intérêt des consommateurs de leurs services qu’est la population“, ajoute-t-il

Pour Kapika, cette politique est régit par les dispositions d’une ordonnance-loi n°083-026 du 12 septembre 1983 portant modification du Décret-loi du 20 mars 1961 qui énonce en son article 2, que le prix de vente des produits et services sont librement fixés par ceux qui en font l’ordre.

Ils ne sont pas soumis à l’homologation préalable, mais doivent être communiqués au ministre ayant l’Economie nationale dans ses attributions pour un contrôle à posteriori. Il s’agit là d’un principe de libéralisme économique“, a-t-il dit.

Le ministre a 48 heures pour répondre aux députés

S’agissant des dispositions prises par le Ministère de l’Economie nationale pour contraindre les opérateurs économiques récalcitrants au respect de la loi et des instructions, il a porté à l’attention de l’assemblée que son ministère ne peut agir que dans les limites des textes légaux et réglementaires, mettant en sa disposition certains outils. Dont notamment, le cadre de concertation, la surveillance des marchés, le contrôle économique, etc.

Quant à la problématique de la flambée des prix des denrées alimentaires, le ministre a rappelé à la représentation nationale que l’économie congolaise demeure extravertie depuis la colonisation. Il a cité quelque facteurs ayant aggravé cette situation qui, selon lui, a considérablement baissé la capacité de production du pays.

Aussi, a-t-il déploré quelques problèmes qui caractérisent l’environnement économique et commercial de la Rdc. Le ministre a en outre profité de cet instant pour brosser succinctement devant les députés nationaux, l’évolution de la situation économique qui prévaut actuellement dans le pays.

Et par rapport à la problématique de la majoration du prix de pain constatée dernièrement, le ministre a expliqué que cette flambée a été très vite étouffée. Et il a fait part aux députés nationaux de toutes les démarches menées et des différentes réunions qu’il a eues à convoquer, ayant conduit jusqu’à déférer devant la justice, le patron de la Société générale des pains, communément appelée « Pain Victoire ».

Après cette réponse du ministre d’Etat et ministre de l’Economie nationale qui a éclairé la lanterne des élus du peuple, le président de la séance, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Rémy Massamba, a directement lancé le débat.

Toutefois, c’est l’auteur de la question orale, Serge Mayamba, qui a ouvert le débat général. Il a tout simplement recommandé au ministre d’Etat et ministre de l’Economie, l’usage effectif des structures permanentes de contrôle des prix des denrées alimentaires.

A l’issue de ce débat général au cours duquel les députés nationaux ont défilé tour à tour devant la tribune de la salle des Congrès du Palais du peuple pour exprimer leurs différentes préoccupations, le ministre Joseph Kapita a sollicité et obtenu de l’assemblée plénière, un court délai de 48 heures afin de mieux apprêter ses éléments de réponse en vue de rencontrer les différentes préoccupations pertinentes soulevées par la représentation nationale.