Amnesty International salue l’annonce du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), qui lance une nouvelle série de mesures afin d’éliminer le travail des enfants dans les mines de cobalt et de cuivre, fait savoir Seema Joshi, responsable de l’équipe Entreprises et droits humains au sein de cette organisation internationale.

Le travail des enfants et d’autres violations des droits humains ternissent l’industrie minière en RDC depuis bien trop longtemps, et nous saluons cette annonce du gouvernement, qui semble enfin vouloir s’attaquer au problème“, affirme-t-elle dans un communiqué publié ce lundi sur le site internet d’Amnesty International .

La RDC lancera, au cours de ce mois, de nouveaux mécanismes de surveillance et de traçage pour lutter contre le travail des enfants dans les mines de cobalt et de cuivre, a déclaré, en fin de semaine dernière, un responsable du Ministère des mines, lors d’une conférence sur les métaux à Londres.

« Nous sommes intervenus [dans les mines de cuivre et de cobalt, Ndlr] pour mettre en place des systèmes de traçabilité et de surveillance […]. Ces mécanismes que je viens de mentionner seront opérationnels ce mois-ci, mars 2018 », a déclaré Alexis Mikandji, DG de l’agence de certification du Ministère des mines, selon des propos rapportés par Reuters.

Lorsque nous avons révélé que des enfants risquaient leurs vies en effectuant des travaux exténuants dans les mines de cobalt pour des produits comme les smartphones et les voitures électriques, un vent d’indignation a soufflé – à juste titre. Mais le travail des enfants n’est pas un problème isolé. La réalité est que des adultes aussi risquent leurs vies dans des conditions dangereuses et gagnent un salaire de misère pour extraire l’un des minerais les plus lucratifs du monde. Si le gouvernement de la RDC est déterminé à éliminer les atteintes aux droits humains dans les mines de cobalt, il doit s’attaquer aux causes profondes“, explique Amnesty International de son côté.

L’organisation internationale fait également savoir que tout programme visant à mettre fin au travail des enfants “doit englober des mesures de protection de l’enfance et d’action sociale.”.

“Il faut par exemple veiller à ce que les enfants sortis des mines soient réintégrés dans le système scolaire ou bénéficient d’une formation technique. Les propositions visant à renforcer la surveillance des mines artisanales sont un bon début. Toutefois, le tableau d’ensemble pour les enfants qui travaillent demeure bien sombre et les demi-mesures ne suffisent plus”, ajoute le communiqué.