La Monusco “gravement préoccupée” par les actes de violence en Ituri

Dans un communiqué publié dimanche 4 mars à Kinshasa, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo, Leïla Zerrougui, condamne des attaques ciblées contre les civils en Ituri et  demeure gravement préoccupée par les actes de violence dans le territoire de Djugu (Ituri) qui ont entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes depuis janvier dernier.

« Je condamne toutes formes de violences et j’appelle les autorités à enquêter rapidement sur cette attaque et à veiller à ce que la justice soit pleinement rendue. Les auteurs de ces actes doivent être tenus pour responsables », a indiqué Mme Zerrougui.

Au moins 43 morts, des personnes blessées et plusieurs autres dégâts ont été enregistrés à la suite d’une attaque des miliciens dans la localité de Maze, en chefferie de Bahema nord, affirme Jean Bosco L’alu président de la société civile en province de l’Ituri.

« Je suis profondément choquée par cette dernière attaque qui a ciblé des civils et par le fait que la majorité des victimes soient des femmes et des enfants. Je présente mes sincères condoléances aux familles des victimes et à tous ceux qui sont affectées par cet acte horrible », a dit la Cheffe de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) qui déplore l’incendie d’habitations, des déplacements forcés et des actes de violence sexuelle dirigée contre des femmes  ces dernières semaines dans la province de l’Ituri.

En soutien aux efforts du gouvernement congolais pour faire face à la détérioration de la situation sécuritaire, la MONUSCO a renforcé sa présence dans la zone en déployant trois bases militaires temporaires à Djugu, Blukwa et Fataki et en intensifiant ses patrouilles militaires dans le territoire de Djugu depuis le 10 février 2018.

Le gouvernement congolais dépêche une mission spéciale

La Mission mène également des consultations avec toutes les communautés ainsi qu’avec les autorités afin de prévenir de nouvelles attaques et de stabiliser la situation dans la région, note encore la même source.​

Avant ce dernier massacre, l’Unicef avait documenté 76 cas de personnes tuées à l’arme blanche depuis décembre en Ituri.

Les affrontements interethniques font craindre une situation similaire aux violences ayant fait au moins 50.000 morts et 500.000 déplacés entre 1999 et 2013.

Les affrontements opposent les Lendu, agriculteurs de tradition, et les Hema, pasteurs. Les deux ethnies, à côté desquels vivent les Twa (pygmées), sont en conflit depuis de longues années.

Le gouvernement y a récemment dépêché une mission. Le Vice-Premier ministre congolais chargé de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadari, a annoncé, avant son remplacement en fin de semaine dernière, une enquête ainsi qu’une opération de l’armée sur place.

M. Sahadari avait averti les habitants de la province de ne pas se laisser “exploiter par ceux qui ne veulent pas d’élections en RDC”.

Le nouveau vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Henri Mova Sakanyi, accompagné du ministre de la Défense Crispin Atama Tabe et du Conseiller spécial du président Joseph Kabila en matière de Sécurité, Jean Mbuyu, sont arrivés ce dimanche  savoir à Djugu pour évaluer la situation.

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