Zimbabwe: fortes explosions entendues à la résidence de Mugabe, l’armée s’adresse à la Nation

0
873

Plus tôt, divers témoins rapportaient d’importantes explosions dans la capitale, Harare, ainsi que des échanges de tirs nourris aux alentours de la résidence présidentielle. Plusieurs médias rapportaient que des soldats s’étaient emparés du siège de la ZBC, le groupe de radio et télévision publique du pays, sans que l’on puisse immédiatement savoir s’il s’agissait de loyalistes fidèles au président ou de mutins.

« Peu après 2 h, nous avons entendu environ 30 à 40 coups de feu tirés pendant trois à quatre minutes en provenance de la maison » du président, a déclaré à l’AFP un résident du quartier de Borrowdale.

« Ce n’est pas un coup d’État militaire contre le gouvernement », a fait savoir un général dans une déclaration lue dans la nuit sur les ondes de la télévision nationale. « Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (…) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie. »

 

Des véhicules blindés avaient été vus prenant la direction de Harare, mardi, au lendemain d’une sévère mise en garde du chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne au parti du président Robert Mugabe.

Le général Constantino Chiwenga a ainsi adressé lundi un avertissement sans précédent au parti présidentiel, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, pour dénoncer l’éviction la semaine dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Il avait prévenu que l’armée n’hésiterait pas à intervenir « s’il s’agit de protéger notre révolution ».

La Zanu-PF, parti de Mugabe, a estimé mardi soir que la déclaration du général Chiwenga visait à perturber la paix et la stabilité, et qu’elle traduisait un « comportement de traîtrise ». Le parti a assuré en outre qu’il ne céderait jamais aux pressions de l’armée.

 

Le Zimbabwe est un allié traditionnel du président Joseph Kabila. Robert Mugabe fut le seul président à avoir pris part à la prestation de serment du président congolais après les élections contestées de 2011. Par ailleurs, les troupes de Harare ont combattu les rebellions rwando-ougandaises, permettant, avec l’Angola, de sauver la capitale Kinshasa contre une prise certaines durant la présidence de Laurent-Désiré Kabila.