Le gouvernement congolais s’est pénché sur la levée du moratoire national sur l’attribution de nouvelles concessions forestières industrielles, instauré depuis des années en République démocratique du Congo.

Nous sommes alarmés alors qu’au moment où il prend la parole à la COP23 au nom de la Coalition des Nations des Forêts tropicales humides (Coalition for Rainforest Nations), le gouvernement de la RDC s’est réuni à Kinshasa le 10 novembre pour lancer un processus qui conduirait à la destruction de vastes zones de la forêt congolaise, en violation de sa propre loi forestière et d’un décret présidentiel“, regrette Global Witness dans un communiqué publié le 12 novembre et consulté par POLITICO.CD.

Ce moratoire de longue date a contribué à maintenir les forêts relativement intactes, explique l’organisation internationale.

Nous nous inquiétons aussi de voir le Ministère de l’Environnement et du Développement durable proposer la cession de droits portant sur deux millions d’hectares de forêt à Silvere, une société inconnue, en échange de son soutien financier à la levée du moratoire“, ajoutet-elle.

Le ministre de l’Environnement et Développement Durable, Amy Ambatobe, a invité vendredi toutes les parties prenantes opérant dans le secteur forestier à accompagner l’Etat congolais dans la levée du moratoire sur l’octroi de nouvelles concessions forestières en République démocratique du Congo, à l’ouverture à Kinshasa, de l’atelier de réflexion sur le processus de la levée du moratoire forestier en RDC.

Le ministre de l’Environnement a indiqué que cet atelier présente un objectif global de garantir la gestion durable des ressources forestières et spécifiques de collecter et analyser les données pertinentes sur les conditions de la levée du moratoire, d’amorcer les consultations entre parties prenantes concernées, d’évaluer les acquis déjà réalisés.

Global Witness fait savoir qu’une expansion de l’exploitation industrielle en conséquence de la levée du moratoire provoquerait un raz de marée de destruction environnementale, d’abus sociaux et de corruption dans la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.

Cela entraînerait également une augmentation significative des émissions de carbone, y compris provenant d’importantes tourbières récemment découvertes, qui reposent sous de larges zones de la forêt de la RDC.

Dans ce contexte, ajoute-t-elle, les efforts fournis par la communauté internationale visant à l’amélioration de la gouvernance forestière en RDC, à travers la collaboration et le financement du gouvernement congolais pour protéger ses forêts et ses tourbières, seraient discrédités, au même titre que le leadership de la RDC pour la Coalition des Nations des Forêts tropicales humides.

Nous appelons le gouvernement de la RDC à renoncer à son projet de lever le moratoire sur l’exploitation industrielle des forêts, à déclarer le maintien du moratoire et à annuler et publier les informations relatives à tout accord passé avec la société Silvere. Nous encourageons la communauté internationale à soutenir le gouvernement de la RDC pour l’annulation immédiate des cinq millions d’hectares de concessions forestières qui opèrent actuellement dans le pays sans plan de gestion, et sont donc en situation d’illégalité“, ainsi Global Witness.