Conflit de pouvoir entre l’ambassadeur de la RDC à l’Union européenne et son chargé de mission

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Il y a puisqu’un mois passé, Jeune Afrique révélait que l’ambassadeur de la RDC auprès de l’Union européenne et du Benelux, Dominique Kilufya Kamfwa avait été rappelé à Kinshasa entre juin et juillet 2016, reproché d’être proche de l’opposant Moïse Katumbi qui ferait des lobbyings conduisant aux sanctions des hauts cadres du régime Kabila par les USA et par l’Union européenne.

Au retour de Dominique Kilufya à Bruxelles depuis une semaine, le chargé d’affaires, Paul-Crispin Kakhozi Bin-Bulongo, qui assurait l’intérim, ne lui a pas cédé sa place, revèle de nouveau le média Panafricain . A la place, il a rédigé, le 30 mars, une note de service à l’attention du personnel de l’ambassade et que Jeune Afrique a pu consulter, dans laquelle il dénonce « l’irrégularité » de sa présence à l’ambassade. « Pour cette raison, poursuit la note, aucune réunion ne peut être convoquée par lui, car il est censé se trouver présentement à Kinshasa. Toute personne qui tenterait d’y prendre part s’exposera à des sanctions sévères », menace-t-il.

Une menace qui n’a pas fait pas peur à Dominique Kilufya visiblement. Le même jour, ce dernier a également rédigé une note de service, dans laquelle il dénonce « les initiatives » du « ministre-conseiller Kakhozi pour s’affirmer comme chef de mission à notre ambassade ». « Avec mon arrivée en poste, la fonction de chargé d’affaires prend automatiquement fin, et cela quelle que soit la nature de ma présence au poste de mon accréditation. On ne peut en effet exercer l’intérim de quelqu’un qui est en place. », a-t-il répliqué.

Peut être conscient de ne pas obtenir l’effet escompté grâce à cette réplique, l’ambassadeur de la RDC auprès de l’Union européenne et du Benelux, Dominique Kilufya Kamfwa a également demandé au personnel de l’ambassade congolaise de « préserver la bonne image de la République démocratique du Congo auprès des autorités de l’État accréditaire » en adoptant « un comportement exemplaire ».

Kinshasa semble encore silencieux sur cette question, chose qui ne permet pas pour l’instant de départager les 2 protagonistes.

1 COMMENTAIRE

  1. Le moins que l’on puisse dire est que c’est là une manifestation nette de l’absence manifeste, à la fois, d’une société et d’un État de droit, – voire d’un État tout simplement – en République Démocratique du Congo (RDC). J’aurais aimé avoir plus de détails pour m’étendre là-dessus.

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