Polémique au sujet des violences dans les Kasaï

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« Il revient aux autorités à tous les niveaux, provincial et national, de trouver une solution à ce problème né de leur gestion du pouvoir coutumier« , a déclaré à l’AFP le député de la majorité Ibrahim Ikulu.

« La solution à ce problème est politique et non militaire« , estime son collègue de l’opposition, Corneille Masuasua. « C’est très dangereux de s’appuyer sur le volet militaire » pour penser résoudre cette crise.

Dimanche, le ministre congolais de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadari, a dit à la presse que « l’État envisageait des solutions politique, coutumière et humanitaire sur le terrain, et militaire, si les armes ne sont pas rendues de manière pacifique, en vue d’une paix durable dans cette partie du territoire national« .

M. Ramazani Shadari n’a pu donner de précisions sur les actions envisagées par le pouvoir.

Partie du Kasaï-central en septembre 2016, les violences entre les forces de l’ordre et la milice de Kamwina Nsapu – chef coutumier tué le mois précédent dans une opération militaire après s’être révolté contre le pouvoir de Kinshasa – ont progressivement gagné le Kasaï-oriental et le Kasaï-occidental. Ces violences ont fait au moins 200 morts.

Pour le député d’opposition Claudel Lubaya, « le gouvernement est responsable de cette violence aveugle« , les autorités ont « fait une erreur d’appréciation en tuant Kamwina Nsapu, ils ont fait imploser la région« .

Samedi, Kinshasa a reconnu que des soldats congolais avaient pu commettre des « excès » en réprimant cette rébellion après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo mettant en cause l’armée dans un massacre de civils.

Abondamment commentée, le gouvernement congolais a qualifié de « montage » destiné à salir les autorités et l’armée cette vidéo de sept minutes tournée en un plan séquence unique.

Avec AFP