En route vers l’apocalypse du 19 décembre en RDC

Dans une conférence de presse à l’éther funeste ce vendredi, les évêques catholiques ont annoncé leur abdication, après avoir tenté en vain pendant plusieurs semaines de réussir là où Edem Kodjo a échoué, et d’éviter ainsi le chaos qui s’esquisse à l’horizon.

En effet, alors que le mandat du président Joseph Kabila expire le 19 décembre prochain, et que la présidentielle du 27 novembre dernier n’a pas eu lieu, les opposants, regroupés derrière Etienne Tshisekedi et Moïsse Katumbi, avaient déjà promis du soufre au pouvoir congolais.

Le 31 août dernier, dans un boulevard Triomphal plein à rompre, Etienne Tshisekedi avait initié son ultimatum à Joseph Kabila, revigoré par un retour auguste à Kinshasa et un pacte de bonne guerre avec Moïse Katumbi, riche homme d’affaires, ex-gouverneur du Katanga et apostat de la Majorité au pouvoir.  Le président de l’UDPS demandait à alors au Chef de l’Etat de quitter le Pouvoir ou d’organiser “un vrai Dialogue”. Car, celui qui se tiendra du 1er septembre au 18 octobre à Kinshasa ne sera, pour lui, qu’un “monologue”.

Malgré donc l’accord signé le 18 octobre, concédant la Primature à l’opposition, Tshisekedi qui compte sur une pléthorique coalition des opposants à Kabila, a lancé son carton jaune le 19 octobre, dans une manifestation étouffée à Kinshasa, promettant “le rouge” au 19 décembre.

Alarmée par cette situation, et ce après les malheureux échauffements du 19 et 20 septembre, causant la mort de plusieurs de 50 personnes, selon l’ONU, la Communauté internationale a mis du sien pour obliger Kinshasa à “plus d’ouverture”. Dans la foulée, le Président congolais a contacté les évêques de la CENCO pour leur confier la mission délicate de trouver un consensus avec les “Tshisekedistes”.

Le 17 novembre, le président Joseph Kabila passe à la vitesse supérieure. Augustin Matata Ponyo démissionne le 14 du même mois, et Kabila parade devant le Parlement, réuni en Congrès pour railler les opposants, affirmant que ces derniers n’auraient “laissé aucune chance” aux consultations des Catholiques.  Pour autant, le Rassemblement joue à l’apaisement, disant s’en tenir à ces consultations, dans un communiqué publié dans la foulée.

Toutefois, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) finit par hausser le ton le 28 novembre, rappelant au Président qu’il devra quitter le pouvoir le 19 décembre prochain. 24 heures avant, un document a fuité sur internet. Celui-ci semblait être une proposition des opposants au Président Kabila, acceptant, pour la première fois, que celui-ci reste en poste, mais sous certaines conditions.

Le 29 novembre, la tension atteint son paroxysme. Une audition à la Commission des droits de l’homme du Congrès américain par l’Envoyé spécial des Etats-Unis dans la Région des Grands Lacs, Tom Perriello, accompagné de la chercheuse de Human Rights Watch, Ida Sawyer et du militant de la LUCHA, Fred Bauma, demandant tous des sanctions contre des proches du président, combinée à la menace de Moïse Katumbi, qui a clairement fait savoir que les opposants descendront dans la rue en cas d’échec des consultations de la CENCO… ont suffit par sonner le glas de tout espoir de compris. Barnabé Kikaya enfonce le clou en déclarant ce matin que le président ‘n’abandonnera pas le pouvoir avant avril 2018″.

Il est en effet curieux de constater que pendant tout ce temps, le vrai sujet, à savoir l’alternance démocratique en République démocratique du Congo n’est nullement évoqué de part et d’autres.  Le salue du pays découlerait donc d’un accord politique sur le partage du pouvoir entre Tshisekedi et Kabila, la même chose que réclamait un certain Vital Kamerhe, certes pour son propre compte, pourtant vilipendé.

Car, s’il faut finalement signer des accords de partage « du gâteau » pour que ce qui n’est pas démocratique le devienne et que la paix revienne, pourquoi ne pas en signer un avec tout le monde? Soit 80 millions d’accords de partage de pouvoir… qui devraient suffire sûrs d’aboutir.

Sinon, allons donc tout régler dans les rues, d’où naissent finalement les révolutions!

SoPolitico par
Benjamin Litsani Choukran
Fondateur & Rédacteur en Chef
Politico.cd.

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