Samy Badibanga, MLC: Majorité sort de ces corps!

Le Premier ministre issu des accords de la Cité de l’Union Africaine et le parti de Jean-Pierre Bemba font blocage en refusant d’adhérer aux accords de CENCO, jouant le jeu de la Majorité Présidentielle: la perte de temps. 

Le pays de Lumbumba est décidément un cas atypique. Alors que le monde entier, du moins ceux qui lorgnent sur le cuivre congolais a accueilli avec soulagement les accords tard dans la nuit du 31 décembre entre les protagonistes de la crise politique en République démocratique du Congo, il semble finalement que cette signature n’était la plus difficile des étapes.

En effet, près d’une semaine après que la Majorité Présidentielle ait signé « sous réserve » ces accords, le Rassemblement ait signé sans réserve, des réticences ne font que croître, et l’on finit finalement par comprendre le piège finement conçu par le pouvoir congolais.

L’inclusivité, le cadeau empoisonné

Comme par magie, les kabilistes sont devenus chantre de l’inclusivité, c’est-à-dire l’adhésion de toutes les parties à cet accord. Dans un pays continent où on a vu un jour un parti de l’extrême droite et de la gauche s’allier, il ne fallait pas chercher loin pour savoir qu’une telle inclusion globale n’était que du Graal.

Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba qui a longtemps joué au yo-yo avec les prêtres catholiques a terminé ainsi ces négociations comme il l’avait commencé. Revigoré par un « Front » créé pour l’occasion en octobre dernier, il refuse jusqu’alors de poser sa signature à ces accords.

Pour autant, le parti de Jean-Pierre Bemba n’est pas le seul à dilater les nerfs des catholiques qui en auront tout vus. Samy Badibanga, bombardé Premier ministre pour prendre Vital Kamerhe à contre-pied a visiblement goûté et aimé les arcanes du pouvoir.  Bien avant même la signature officielle, le dissident de l’UDPS, qui s’y réclamait pourtant à sa nomination, a officialisé son refus. Epaulé dans cette lourde tache par Jean-Lucien Busa et José Makila, tous très soucieux de l’avenir du pays.

Dans ce bal des chauves, l’enjeu majeur étant comme toujours en République démocratique du Congo, le partage du gâteau. Devenir ministre et mourir pauvre étant la pire des humiliations, il faut à tout prix s’assurer un avenir. Néanmoins, à regarder plus loin, cette orchestration synchronisée avec le conditionnement de l’inclusivité de la Majorité Présidentielle, couplée avec le « je t’aime moi non plus » du MLC, ajoutée à la guéguerre au sein du Rassemblement au sujet du poste du Premier ministre… semble ne pas être un fruit du hasard.

Les accords du 31 décembre prévoient clairement aucune issue pour le président Joseph Kabila Kabange de rester au pouvoir à l’horizon 2018. Néanmoins ceux-ci ont un sérieux talon d’Achille qui est l’organisation des élections en temps record, c’est-à-dire en décembre 2017. Nous voilà déjà à onze mois de l’échéance et les accords ne sont même pas encore mis en place. Samy Badibanga et ses acolytes pourraient donc bien gratter un ou deux mois de plus, compliquant ainsi la réussite de cette transition qui en plus pourrait être confiée aux deux Tshisekedi

Volontairement ou pas, à tort ou à raison, les deux blocs de l’opposition congolaise contribuent ainsi au blocage qui se profile à l’horizon.  Ainsi, avec Etienne Tshisekedi président du Comité de suivi de ces accords et son fils, Félix Tshisekedi Premier ministre, devinez qui annoncerait le report des élections en novembre 2017?

@LitsaniChoukran,
Fondateur & Rédacteur en Chef de Politico.cd

12 Commentaires

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  • Ce soit disant pays n’est pas un. Ce sont les naïfs qui y croyaient. Lisez ma réaction à la protestation du maître Kapiamba d’être mis sur la liste du Rassemblement, vous comprendrez tout. « Mboka oyo ekoboya lisusu te » pour paraphraser MON patron.

  • Que Eva Bazayiba face comme Moise Katumbi. Que Eva Bazayiba soit même ministre de 3ministères, elle seule c’est suffisant pour regrouper l’argent de la campagne électorale

  • C’est la faute du rassemblement qui ne pense qu’à lui-même comme s’il a déjà gagné les élections pour ne pas tenir compte des autres. En toute logique, il ne peut pas prendre, lui seul, la primature et le conseil national de transition. Ce n’est pas correct. L’histoire ne se fait que se répéter. Nos politiciens ne sont pas capables de faire mieux, incapable de se mettre ensemble pour le bien de tous. Que les prêtres appliquent le plan B. Ou soit qu’ on nous mette sous tutelle de l’ ONU, c’est mieux.

    • ils ne sont pas là pour les postes ils ont un objectif a atteindre alors que madame eve facilite aux autres la tâche, arrêtez d faire passer le temps inutilement

    • Le conseil de suivi n’a pas été attribué au rassemblement mais à Étienne Thierry en tant que personnalité politique pour l’ensemble de sa carrière et pour les garanties qu’il représenteraient

      • Qui dit Rassemblement dit Tshisekedi. Qu’on ne nous prenne pas pour des enfants. Si Felix devient PM, en cas d’échec des accords ils porteront la responsabilité tout comme sa réussite.

  • C’est malheureux ce qui se passe dans notre pays « sous reserve ». Franchement, c pays merite d’etre sous tutelle de l’onu parce que les politiciens congolais ne seront jamais a mesure de trouver de solutions aux differents problemes dont la Rdc est butee.

  • L’UDPS et son Rassemblement ont eu le plein droit de ne pas participer aux assises de la cité de l’UA. Reconnaissez aussi le plein droit aux autres partis et regroupement des partis de jouir des mêmes droits et libertés de rejeter ce qui ne leur convient pas. Personne ne peut se prévaloir de plus de droit que les autres.

    • La RDC fait 2.345.000 km². Si nous la divisons par le nombre d’habitants approximativement 70.000.000, on a le résultat de 33,5m² par personne. Alors, je propose qu’on la vende et que chacun, se regroupant avec les membres de sa famille élargie, puisse être président de sa propre portion de terre ainsi partagée. Comme ça, on aura réglé cette histoire de médiocrité que caractérise la classe politique de notre pays. Va savoir si l’on ne va pas encore se disputer ces portions de terre une fois partagées. « OOo nga kaka ba côté ya Kolwezi ». En ce qui me concerne, ce qui m’intéresserait c’est tout simplement la terre soit pour cultiver du chanvre dans ma république « chanvrière » à côté de bananiers, feuilles de manioc, etc. Réfléchissez y!!