Grégoire Mirindi: « Il est encore possible d’opérer un miracle avant le 31 décembre »

Le député national UNC Grégoire Mirindi Carhangaba croit dur comme fer qu’il est possible d’opérer le miracle pour ce qui est de la tenue d’élections dans les délais impartis dans l’Accord dit de la Saint-Sylvestre. « Il est des matches qui se gagnent dans les cinq dernières minutes. Tout est encore possible, avec un peu de volonté de la part des parties prenantes à l’Accord de la CENCO », a-t-il dit en substance. Au-delà de la promesse présidentielle faite à la tribune de la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, les élections sont constitutionnelles, donc une obligation.

L’Opposition croit dur comme fer en la tenue d’élections d’ici fin décembre Z017, malgré les réticences de la Ceni qui soutient qu’il est techniquement  impossible  d’organiser des scrutins à fin décembre. Qu’en dites-vous ?

Cela ne nous avance pas à grand-chose. Ce que nous attendons de la Ceni, c’est le calendrier électoral et non des déclarations. Parce qu’au moins, nous savons que le calendrier engage les institutions. Chaque membre du bureau de la Ceni peut aussi faire ses propres déclarations autant qu’il y a des membres mais ce qui importe pour nous, c’est l’acte administratif par lequel la Ceni, nous dit qu’il y aura  élections, ou un calendrier par lequel, elle nous fera comprendre qu’il n’aura pas d’élections.

Honorable, croyez-vous encore à l’applicabilité de l’Accord de la Saint- Sylvestre  alors que trois mois seulement nous séparent de la date fatidique du 31 décembre 2017 ?

Jusqu’à preuve du contraire, aucune partie prenante n’a dénoncé l’Accord de la Saint-Sylvestre. Ni la Majorité, ni l’Opposition signataire de l’Accord du 19 octobre 2016 et moins encore les amis du Rassemblement qui étaient à la Cenco, la Cenco elle-même, aucun acteur n’a jusque-là dénoncé l’accord. Autrement dit, tout le monde continue à croire à cet accord. Il n’appartient pas à la Ceni d’invalider un accord politique qui a été conclu par des parties prenantes. La Ceni était présente comme une institution technique qui a aussi émis son point de vue. Pour la Ceni, il était impossible d’organiser les élections dans les douze mois à venir.

Techniquement, nous attendons un acte administratif et non des discours. Maintenant, il appartient aux opérateurs  politiques qui se sont réunis pour résoudre, notamment le problème électoral. C’est à eux d’envisager maintenant une autre solution, s’ils voudraient bien réévaluer leur accord  et nous disent si, effectivement, nous sommes encore sur un schéma propice à la tenue d’élections ou si nous sommes déjà sur un schéma qui s’écarte des élections.

Dans le cas contraire, il n’est pas approprié de dénoncer un accord alors que les signataires continuent à le soutenir. C’est pratiquement un non sens, qui ressemblerait à un jeu dangereux. Donc, attendons la fin trois mois. Il y a encore beaucoup de temps pour opérer le miracle. Vous savez qu’il y a des matches qui se gagnent dans les cinq dernières minutes. Tout reste encore possible.

A l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’Etat a  déclaré que la RDC a mis, de manière irréversible, cap sur les élections. L’Opposition croit-elle à la bonne foi du président Kabila ?

S’il l’a déclaré, c’est bien puisqu’il est lui-même une institution. Mais, les élections chez nous sont institutionnelles ; elles ne sont pas à promettre ou à ne pas promettre. C’est une obligation pour la République d’organiser les élections parce que c’est un choix qui a été opéré par le peuple congolais.

Au-delà de la promesse présidentielle, les élections sont d’abord une obligation. Donc, cela ne dépend pas d’institutions, ni de la volonté d’une personnalité x, mais cela dépend beaucoup plus du respect non seulement de la Constitution, mais aussi de l’Accord qui a été signé et qui, jusque-là, est vanté et dont on continue à vanter le mérite. Le président peut promettre mais la Ceni doit nous rassurer. Puisqu’il existe des passerelles de collaboration entre la présidence, le gouvernement et diverses institutions. La Ceni n’est pas une institution qui agit seule ; si elle est mise dans des conditions d’organiser des élections, elle le fera.

Après le Kasaï, aujourd’hui c’est l’Est du pays qui est en proie à l’insécurité. Les seigneurs de guerre à la base de cette insécurité sont connus de Kinshasa. Devrions-nous parler d’inaction du gouvernement ou de complicité face à ces atrocités ?

Je ne suis pas spécialiste de l’armée, mais je regrette que ce genre d’événements malheureux puisse encore durer dans le temps, sans être contenu. C’est-à-dire, si c’était à l’Est que ce sont déroulés les événements du Kasaï, tout le monde aurait déclaré que c’est parce qu’on retrouve à la frontière avec les voisins est-africains. Comment peut-on aujourd’hui expliquer que les gens d’une même famille, pour ne pas dire d’un père et une même mère, puissent s’entretuer avec autant de barbarie ?

Nous devons interroger non seulement l’histoire mais surtout ceux qui sont sur place pour connaître leurs motivations à la base de telles atrocités. Dans ce genre de dossiers, les révélations sont faites après un temps. Aujourd’hui, il est peut-être difficile d’avoir la vraie version de ce qui s’est  passé dans l’espace Kasaï. Que ce soit à l’Est du pays et au Kasaï, il faudrait beaucoup d’investigation  pour bien cerner ce qui s’est réellement passé. Je dois vous dire qu’il y a sûrement des tireurs des ficelles derrière cette malheureuse situation. Ils devront tôt ou tard répondre de leurs actes.

Autant, le gouvernement devrait aussi faire un effort pour anticiper et déjouer l’action de ces ennemis de la patrie. Autant les investigations doivent  se poursuivre afin de chercher la motivation à la base, de telle sorte qu’on mène des enquêtes qui peuvent aboutir à des résultats.

La question d’invalidation du passeport semi-biométrique suscite des commentaires à sens divers, quel est votre commentaire.

La mesure pose réellement un sérieux problème, elle est tombée comme un cheveu dans la soupe. J’apprends également que la mesure va être étendue au permis de conduire, au diplôme d’Etat… Il y a  de quoi  s’interroger. Est-ce parce que le pays est en crise, qu’il faut chercher l’argent par tous les moyens de droit. D’ici là, ce sera peut-être les plaques numérologiques qui seront frappées par la mesure, parce que là aussi on gagne de l’argent sûre et facile. Il y a une conception que le gouvernement se fait renflouer le Trésor public. On  nous dit qu’avec la chute des cours des minerais, l’économie est en récession, etc.

Soyons quand même humains, nous avons des provinces plus vastes que certains Etats, le passeport peut être délivré soit aux chefs-lieux des provinces, soit dans la capitale (Kinshasa). Imaginez un paysan qui avait son passeport semi-biométrique, aujourd’hui invalidé, comment va-t-il, en temps record, faire pour se procurer cet outil s’il n’a pas de moyens, connaissant le contexte actuel. Je salue l’initiative de mon collègue Juvénal Munobo qui vient d’adresser une motion de défiance au vice-Premier ministre des Affaires étrangères, après des explications peu convaincantes fournies à la question orale avec débat. Prendre de décisions d’Etat, c’est une bonne chose mais il faut savoir les maquiller ; savoir surtout la part sociale dans la décision, puisqu’on ne gère pas des animaux. Le vice-Premier ministre doit revoir sa mesure.

Propos recueillis par St Augustin K.

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  • le seul miracle que nous pouvons opérer et d’obtenir le départ de Kabila, l’imposteur, le prédateur, l’assassin, l’incompétent au sommet de l’Etat et ce , sans aucune autre forme de procès.


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