Un nouveau Premier ministre a été investi mardi à Kinshasa, certes sous les protestations d’une partie de l’opposition. Le pouvoir affirme cependant mettre cap vers élections, conformément à l’accord signé le 31 décembre dernier. Celui-ci, bien que jugé violé par le Rassemblement dirigé par le Félix Tshisekedi, prévoit la tenue des élections à la fin de cette année.  Le Pouvoir qui affirme appliquer ces résolutions, a entamé la dernière étape de leur mise en place, appelant les parties prenantes à constituer le Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA), dernière étape de cette application.

Pendant ce temps, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) souffle le chaud et le froid au sujet de la tenue de ces scrutins. Après avoir insinué que la région du Kasaï, en proie à des violences, pouvait être éliminée de ces élections, Corneille Nangaa est revenu sur ses dires, sans toutefois régler la question sécuritaire qui rend impossible l’enrôlement dans les provinces du centre du pays. Des pourparlers sont toujours en cours entre les représentants de ces provinces, la CENI et les autorités à ce sujet. La situation sur place reste toujours précaire. Des affrontements sont toujours constatés entre l’armée et la milice Kamwina Nsapu.

L’incendie au Commissariat de la Police à Limete

Par ailleurs, le président de la CENI promet finalement le calendrier électoral “sous peu”. Là encore, Corneille Nangaa conditionne ce dernier notamment au financement, à la mise en oeuvre effective du CNSA et, bien évidemment, à la fin du processus d’enrôlement en cours.

De Kasaï à Kinshasa, en passant par le Kongo central

Presque au même moment, la situation sécuritaire à travers le pays reste fragile et se dégrade même dans certains coins. A Kinshasa, la capitale, la tension est montée d’un cran mercredi matin après l’évasion du leader du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo Ne Muanda Nsemi. Le député congolais a toujours prôné l’indépendance de sa province, le Kongo Central, vis-à-vis du gouvernement central.  De plus, il constitue à l’heure actuelle, la seule milice “armée” et traquée dans la capitale même. Ce qui laisse craindre une flambée de violences à venir.

Cette situation est rocambolesque. D’abord, comment Ne Muanda Nsemi peut-il s’échappé d’une prison aussi bien gardée? En suite, où est-il allé? L’attaque a duré longtemps, où étaient les forces de sécurité? Toutes ces questions prouvent que le Pouvoir de Monsieur Kabila mijote quelque chose contre le processus actuel“, insinue le député de l’opposition Jean-Claude Vuemba.

L’élu du Kongo Central se pose également des questions sur les liens plausibles entre cette attaque à la prison centrale et celle d’un commissariat de la police en face du siège de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) le 9 mai à Kinshasa.  “Si vous regardez bien l’attaque de la prison, les assaillants ont incendié des camions, un mode opératoire qui n’est pas différent de celui du Commissariat de la Police à Limete, où les autorités ont cherché à accuser l’opposition. Vous comprendrez qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond“, ajoute le député Vuemba.

Entre ces incidents, la situation sécuritaire est visiblement volaille en RDC, même si les autorités veulent rassurer. “Cette situation n’a rien à avoir avec les élections. C’est des bandits qui essaient de déstabiliser la population. D’ici quelques jours, nous allons en finir avec“, confie une source proche des autorités policières.

Pour l’instant, les autorités comme l’opposition affirment tenir à ce qu’il ait des élections avant la fin de l’année en cours comme prévu. Il reste néanmoins plusieurs préalables à cette réalisation, alors que le temps court.