L‘histoire a toujours tenu à se répéter. Comme en Allemagne Nazi du 29 au 30 juin 1934, la République démocratique du Congo a connu sa nuit des longs couteaux du 16 au 17 mai 1997. Un pays saccagé. Des hommes tombés en martyrs, comme feu Général Mahele tentant d’éviter un bain de sang à la capitale…. mais aussi et surtout un pillage systématique des ressources du pays.

Sur la rive du fleuve Congo, non loin de l’actuelle d’Ambassade d’Afrique du Sud dans la commune de la Gombe, c’est durant cette nuit que l’ex-Premier ministre, Kengo Wa Dondo, ou le «conseiller spécial», Jean Seti Yale, quittent le pays avec “la banque du Zaïre”. Jamais des hommes auraient tout pris à un pays, devenant “plus riche que le maréchal”. Comme eux, Tryphon Kin-Kiey Mulumba aura à peine terminé son communiqué annonçant le départ du Maréchal qu’il prenait déjà la poudre d’escampette.

Néanmoins, ces renégats, habitués au luxe et au pouvoir, ne tiendront pas longtemps. “L’exile c’est très dur“, immortalisera l’actuel président du Sénat. La plupart d’entre eux se lanceront dans les multiples aventures de rébellion contre le Pouvoir Laurent-Désiré Kabila. Jusqu’à ce que le héros national congolais se fasse tuer, mettant ainsi un terme à son court règne et à la traque contre les anciens Mobutistes.

Juillet 2002, José Endundo est remarqué à Kinshasa par le journaliste Arnaud ZAJTMAN.  Montres en or, raconte le journaliste de l’AFP,  gourmettes, sacs Louis Vuitton, l’ancien dignitaire de Mobutu et président du patronat dit revenir «récupérer ma maison occupée illégalement par l’ex-ministre Yerodia». Il fait partie d’une délégation envoyée par Jean-Pierre Bemba, héritier spirituel de Mobutu et chef du Mouvement de libération du Congo.

Toujours au pouvoir

André-Alain Atundu, ancien Mobutiste, aujourd’hui Porte-parole du Pouvoir.

Quatre avant, Bemba est entré en rébellion contre feu Laurent-Désiré Kabila, avec le soutien du voisin ougandais. Son émissaire est à Kinshasa pour tenter de finaliser l’accord de partage de pouvoir élaboré à Sun City (Afrique du Sud) en avril de la même année. Une fois mis en place celui-ci lancera un retour massif d’anciens mobutistes, qui ne quitteront plus jamais le pouvoir. Même Pay-Pay, ancien gouverneur de la Banque centrale, connu sous le nom d’«homme le plus liquide» du pays, en raison du contrôle direct qu’il exerçait sur la planche à billets, choisira de revenir.

Aujourd’hui, c’est eux qui forment “la ceinture” autour du président Joseph Kabila. Tryphon Kin-Kiey Mulumba, comme un symbole, est à la tête d’un parti nommé “Kabila Désir”, qui soutient le maintien du président Kabila au-délà de son mandat constitutionnel. Alexis Thambwe est quant à lui à la manoeuvre. Plusieurs fois ministres, il est dans l’équipe qui dirige les travaux du Dialogue de la Cité de l’UA et celui de l’Interdiocésain. Léon Kengo, après avoir payé un million de dollars américains à Mzee LD Kabila pour son retour au pays, est à la tête du Sénat, soit la deuxième personnalité du pays depuis 2006. La liste ne saura être exhaustive. Les compagnons de “Mzee” passent à l’attrape. Léonard She Okitundu reste le seul survivant de l’équipe gouvernementale de 1999.

La situation socio-politique ou même économique quant à elle rassemble étrangement à celle des années Mobutu, à l’époque où ses hommes, toujours présents dans les vies de Congolais, étaient aux commandes. Comme s’ils tenaient toujours à appliquer les mêmes recettes. Le pays est plongé dans une crise politique sans fin, où le musellement de médias, le débauchage des opposants, et les violations de textes et lois ressemblent étrangement aux années 1990.