Félix Tshisekedi: l’inévitable héritier?

Porté à la tête du Rassemblement, le fils d'Etienne Tshisekedi est plus que jamais sur les traces de son père, leader incontesté de la lutte pour la démocratie en République démocratique du Congo.

La nuit a été très longue au sein du Rassemblement où après plusieurs heures de tractations, la grande coalition anti-Kabila a finalement choisi, de manière originale, la continuité, tout en réajustant sa structure. Félix Tshisekedi, le fils du leader historique de cette plateforme décédé le 1er février à Bruxelles, est symboliquement porté à la tête de la du nouveau bureau politique, alors qu’au même moment,Pierre Lumbi, une autre valeur sûre de l’opposition s’adjuge le remplacement de son père à la tête du Conseil de sages. « Cette résolution, confie un proche des opposants, est faite dans l’idée de rendre l’appareil plus dynamique, tout en mettant en place un fonctionnement capable de faire face à la Majorité »

Même si une aile de la première force politique chez les opposants en RDC a boycotté la rencontre, il semble clairement que les deux clans qui ont même fondé cette coalition gardent la main mise, et de ce fait, en garantissent la cohésion. De son côté, Félix Tshisekedi apparaît plus que jamais ragaillardi par cette nouvelle montée en puissance qui ouvre pour lui la voie royale à la succession désormais inévitable au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

 

Sur les traces du Sphinx

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Déjà désigné comme candidat du Rassemblement au poste du Premier ministre, conformément à l’accord du 31 décembre, le fils du leader historique de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a été nommé Secrétaire général adjoint de ce parti de l’opposition en octobre dernier, faisant de lui le numéro 3. Cette promotion de Félix Tshisekedi, annoncée depuis le 14 octobre, est la deuxième vague de nominations en espace de quelques mois seulement. Le 10 août dernier, Étienne Tshisekedi a nommé Jean Marc Kabund-a-Kabund au poste du Secrétaire général de son parti, en remplacement de Bruno Mavungu.

Ce dernier s’est par la suite attaqué publiquement à Félix Tshisekedi, le traitant de « corrompu« . « On m’a écarté pour placer Félix [Tshisekedi] à la tête de l’UDPS« , déclarait Bruno Mavungu dans une interview, le 17 août dernier sur Politico.cd

« Félix Tshisekedi et ses amis profitent de l’Udps pour remplir leurs poches, tout en tuant le parti à petit feu. Ces propos de l’has been Secrétaire général de l’Udps ont été très applaudis par plus d’une centaine de membres et sympathisants réunis dans la soirée à la permanence du parti« , accusait l’ancien Sécrétaire général de l’UDPS.

L’ascension de Félix Tshisekedi est en effet fulgurante au sein de ce mouvement de l’opposition historique en RDC.  Nommé Secrétaire national chargé de l’extérieur à l’UDPS, fin 2008, il montre très vite ce qu’il veut, en ces années de « schisme » au sein du parti, pour éviter « la cacophonie ».

En novembre 2011, il obtint un siège de député national à Mbuji-Mayi. Cependant, la position de l’UDPS à la suite des élections était on ne peut plus claire : « pas question de siéger au sein des institutions issues des élections frauduleuses ». Joignant l’acte à la parole, il s’abstint de siéger au Parlement et ne tarda pas à être invalidé pour « absentéisme ».

Pressenti pour occuper le poste de rapporteur de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) en mai 2013, M. Tshisekedi rejeta l’offre, déclarant à Radio Okapi : « Je ne tiens pas à mettre ma carrière politique entre parenthèses« , en référence à l’article 17 de la Ceni qui écarte toute compatibilité entre l’appartenance à une formation politique et la qualité de membre de cet organe.

Toujours aux côtés de son père, impliqué dans des discussions en coulisse, comme lors de la réception au Quai d’Orsay en juillet dernier, ou avec le président Sassou-Nguesso à Brazzaville en septembre dernier, Félix Tshisekedi prend de l’ampleur et balise son chemin. Avec cette nouvelle nomination, le fils d’Etienne Tshisekedi peut logiquement rêver succéder à son père très âgé, et qui a entamé une refonte complète du parti depuis son retour à Kinshasa en juillet dernier. Est-ce ouvrir le chemin à son fils?

4 Commentaires

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  • C’est un Anti kabila .il merite tous les postes. Ns l’aimons. Sa presence ns console pour la disparution du doct.president Tshisekedi.

  • Il a prouvé devant la face du monde de quoi il est capable , non parce qu il est fils mais capable de servir son peuple surtout son attachement aux idéaux du parti .Noir sur blanc Fatshi a l’appui de toute la base du parti de partout

  • Hier, Nguz-A-Karl-I-Bond quittait Mobutu avec pompe et tambour battant pour rejoindre la blanchisserie de l’Union Sacrée de l’Opposition. L’homme y occupera même la responsabilité la plus haute de cette structure de l’opposition contre Mobutu alors qu’il demeurait en réalité un agent de Mobutu en service commandé au sein de l’USOR.

    Ce matin, le monde politique congolais se réveille avec Pierre Lumbi, ancien conseiller spécial de la Kabilie, parachuté à la tête de ce truc de Genval. « Joseph Kabila » à la tête de la Mouvance dite Présidentielle et son ancien conseiller spécial, en fait son agent, comme sage aux pays des aveugles. Et à l’UDPS, c’est comme hier, on confie la responsabilité de continuer à mobiliser le peuple pour eux. Cher ami Bruno Tshibala, que faites-vous ? Où êtes-vous ? Mais de qui se moque-t-on dans ce pauvre pays ? Une fois de plus, la Kabilie joue et gagne du temps en marquant, comme Mobutu hier, des points. L’Église catholique comme Ponce Pilate peut sa laver les mains. Shame on you !

    On s’amuse dans ce pays quand on insulte l’histoire. Heureusement que chacun de nous a librement fait son choix.

    Mufoncol Tshiyoyo