Décrispation: 450 personnes toujours en prison, des médias des opposants toujours fermés (ONG)

Plusieurs mois après la signature d’un accord entre le Pouvoir et l’Opposition, des mesures de décrispation envisagées ne sont toujours pas complètement appliquées.

Lors de son point de presse ce samedi 4 mars à Kinshasa, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice, ACAJ en sigle, a pratiquement survolé la situation des droits humains et les grandes questions politiques du moment.

Tour à tour, par la voix de son président Maître Georges Kapiamba, cette organisation s’est prononcée sur le dernier rapport des Nations-Unies dénonçant les violations des droits de l’homme en RDC ; les obstacles que rencontre la mise en oeuvre de l’accord de la Saint Sylvestre, l’interpellation du député Ne Muanda Nsemi et la question de la milice Kamwina Nsapu

 

Concernant les mesures de décrispation politiques, l’orateur du jour a regretté le blocage presque total de leur application par le pouvoir. “Nous comptons 450 personnes qui attendent leur libération. A noter que, parmi ces dernières, on compte des dizaines de gens qui ont été amnistiées depuis trois ans mais sont toujours en prison….A propos des médias, on constate que tous les médias proches de l’opposition basés au Katanga et au Nord-Kivu sont toujours fermés. On sent ici un manque total de volonté de la part du pouvoir pour décrisper le climat politique… nous exhortons la MP à changer de comportement

Ce fut aussi l”occasion pour l’ACAJ de féliciter les nouveaux dirigeants du Rassemblement. “Il est nécessaire que le CNSA soit mis en place toutes affaires cessantes“, lancera le président de l’ACAJ.

S’exprimant sur les remous au sein du Rassemblement, ce dernier révèle un constat malheureux sur la scène politique congolaise : la mode du dédoublement des organisations politiques sur des bases opportunistes.
Il est malheureux que le dédoublement des partis de l’opposition devienne si banal dans notre pays, et ceci sur base de débauchage. On a le malheur de compter trop de gens venus en politique pour manger. Pourtant, il ne faut pas souhaiter la mort de l’opposition, car celle-ci engrainera la disparition de la démocratie“, avertira Kapiamba.

Enfin, évoquant le dossier NE MWANDA SEMI, l’ACAJ a appelé au respect de la procédure et des droits humains lors de son procès. Cependant, cette organisation phare de défense des droits humains en RDC a condamné la coupure des fournitures d’eau et de courant électrique dans et autour de la résidence du leader de Bundu dia Kongo pendant deux semaines : ” voilà une violation des droits des habitants du quartier et même des personnes recherchées, une méthode incompatible avec un état de droit“, a martelé Maitre KAPIAMBA.

A propos du rapport publié sur les événements ayant marqué la fin du mandat constitutionnel du président Joseph Kabila, l’ACAJ a félicité le Bureau Conjoint des Droits Humains de la MONUCSO pour la publication de ce document qui “servira de base pour des enquêtes qui permettrons d’identifier et de sanctionner les commanditaires.” L’ACAJ a annoncé sa disponibilité pour contribuer aux enquêtes devant être indépendantes en vue de faire éclater la vérité.

Abordant le point relatif aux crimes commis par les miliciens et les militaires au Kassai, Maitre Kapiamba a condamné ces excès et demandé instamment aux adeptes de ce chef coutumier de “cesser de faire souffrir leurs frères et de faire passer leurs revendications par des voies pacifiques.”

Quand aux enquêtes du pouvoir sur les crimes des militaires, l’ACAJ doute de leur impartialité et exige une Commission indépendante.

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