Quatre milles doses du vaccin expérimental sont prévues dans le cadre de la riposte contre l’épidémie d’Ebola dans la province de l’Equateur, au nord-ouest de la République démocratique du Congo. C’est l’Organisation mondiale de la Santé qui l’a annoncé ce dimanche 13 mai après la visite de son directeur dans les zones affectées par l’épidémie. Selon cette agence des Nations unies, jusque maintenant 362 personnes contacts sont sous surveillance dont deux qui s’étaient rendu à Mbandaka en provenance de Bikoro.

Dans un communiqué publié le lundi 14 mai, le Comité National d’Ethique de la Santé (CNES) conteste l’expérimentation de ce  vaccin, sans qu’il l’atteste. “Demande d’une instruction à l’endroit de l’OMS Afro et du PEV de soumettre le protocole sur le vaccin expérimental contre le Virus d’Ebola au CNES avant son application à Bikoro et Iboko” peut-on lire sur le communiqué signé par son président national, le professeur Félicien Munday Mulopo, et adressé au Ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga.

Se basant sur le code de Nuremberg, à la déclaration d’Helsinki, à la déclaration de l’UNESCO et aux aux pratiques actuelles concernant la participation des sujets humains à la recherche biomédicale, “le CNES prie le ministre de vouloir instruire l’OMS Afro et la direction du PEV de soumettre le protocole de ce vaccin au CNES pour une évaluation éthique avant toute administration à toute personne ciblée à Bikoro et à Iboko dans la province de l’Equateur“.

Le Comité National d’Ethique de la Santé interpelle, à cet effet, le ministre de la santé. Il le conseille “d’éviter, même en cas d’urgence, que les sujets humains qui participeront à l’expérimentation de ce vaccin, soient considérés comme des cobayes, des personnes sans dignité et sans droits“, précise le communiqué

La République démocratique du Congo (RDC) « fait face à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola » qui a déjà tué dix-sept personnes dans la province de l’Equateur (nord-ouest), a indiqué le ministère de la santé, mardi 8 mai. « Vingt et un cas de fièvre avec des signes hémorragiques et dix-sept décès » – soit un taux de létalité de 80 % – ont été notifiés au ministère le 3 mai, précise celui-ci dans un communiqué, évoquant « une urgence de santé publique de portée internationale ».

Cette épidémie en RDC est la neuvième depuis la découverte du virus Ebola sur son sol, en 1976. La précédente remonte à 2017. Rapidement circonscrite, elle avait fait officiellement quatre morts. Une terrible épidémie avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.