C‘est officiel, le départ à la retraite du Cardinal Laurent Monsengwo, chef de l’église catholique en République démocratique du Congo, est désormais acté. L’archevêque de Kinshasa connaît à présent le nom de son successeur, qui n’est autre Monseigneur Fridolin Ambongo, nommé ce mardi au poste du coadjuteur du Cardinal Monsengwo jusqu’à son départ à la retraite, prévu pour mars prochain.

La décision du Saint-Siège sonne comme un véritable désaveu de l’action du Cardinal Monsengwo contre le pouvoir de Joseph Kabila. En effet, alors que le Vatican a déjà pris ses petites distances face à ces actions, se limitant à affirmer sa “neutralité”, le Papa François annonce le remplacement de Monsengwo seulement quelques jours après la visite du chef de la diplomatie congolaise, le vice-premier ministre Léonard She Okundu au Vatican.

En outre, Monseigneur Ambongo, qui est l’actuel vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), n’est pas un fan du vieux Cardinal congolais. La CENCO a notamment pris ses distances avec les actions des laïcs peu avant la marche du 21 janvier dernier, alors que des sources au sein de cette organisation des évêques catholiques s’opposent aux ambitions “politiciennes” du cardinal Monsengwo.

“Massage de paix”

Du côté de la majorité, on se félicite déjà de ce changement.  “C’est le lieu de féliciter le nouvel archevêque de Kinshasa en puissance, Mgr Fridolin Ambongo Besungu. Le moment de l’annonce de sa nomination par le St Père, après le rappel de Mgr Nonce Apostolique Luis Mariano Montemayor, ne nous paraît pas fortuit!” réagit Trymhon Kin-Kiey Mulumba, cadre de la Majorité Présidentielle, via son compte Twitter.

Pour lui, il y a au Vatican “comme un désir d’apaisement.” “Le message clair de paix émanant du [Pape] est qu’il ne souhaite pas une dégradation des relations avec l’Etat congolais qui serait du fait de l’Eglise Catholique dont les princes se sont trop engagés en politique“, ajoute-t-il.

L’opposition congolaise ou encore les responsables de l’Eglise à Kinshasa n’ont pas souhaité régir à cette annonce. Cependant, de l’avis d’un diplomate en poste dans la capitale congolaise, le “Vatican se débarrasse de Monsengwo et sa guerre politique”.

Ambongo c’est quelqu’un qui est moins radical, beaucoup moins connu et donc facile à décanter. L’épine est partie. Kabila a une fois de plus joué et gagné“, explique-t-il sous le sceau de l’anonymat.