Dans une lettre adressée au cabinet de l’actuel Premier ministre Bruno Tshibala, le ministre du Budget Pierre Kangudia ne fait pas moins que remonter les bretelles au Chef du gouvernement, via son directeur de cabinet, Nsomue Nsomue, lui expliquant point par point ses carences en procédures administratives.

Bruno Tshibala, à en croire la lettre de Pierre Kungudia, s’est opposé au paiement d’indemnités de sortie d’anciens membres du cabinet du Premier ministre honoraire Samy Badibanga, au motif qu’il y aurait “des nombreuses irrégularités au regard des dispositions et de la réglementations en vigueur“, notamment sur la liste des concernés. Problème, comme le fait remarquer le ministre du Budget, la liste a été établie par les services même du Premier ministre congolais.

Je voudrais porter à votre connaissance qu’au regard de la non bancarisation, à ce jour, de la paie du personnel de la Primature, malgré mes multiples correspondances lui adressées à cet effet, les éléments qui ont servi de soubassement à la liquidation de la dite dépense ont été fournis par vos services“, rétorque sèchement l’ancien proche du boss de l’UNC.

De plus, ajoute-t-il tel un professeur à son étudiant, “je vous informe que suivant la loi financière n°83-003, telle que modifiée et complétée à ce jour, dans ses dispositions encore pertinentes en attendant la mise en oeuvre complète de la loi relative aux finances publiques, seul le Ministre des Finances ou son délégué, est compétent pour ordonnancer toutes les dépenses publiques, y compris celles liées à la paie des agents publics

Le ministre du Budget, qui réclame au Premier ministre via son directeur de cabinet de lui adresser une liste définitive et corrigée, appelle également à ce que ce genre de situation ne se répète plus.

Depuis son arrivée à la Primature il y a 8 mois, le Premier ministre Bruno Tshibala broie du noir. Outre sa nomination contestée, des voix s’élèvent de plus en plus pour obtenir son départ au sein même de la majorité au pouvoir, alors que l’ancien de l’UDPS multiplie des lacunes.

Par ailleurs, son autorité est contestée au sein même de son propre gouvernement, à l’image du ministre du Tourisme Frank Mwedi Malila, qui est allé jusqu’à s’interroger : “que vaut la signature du Premier ministre”.