«Le peuple va prendre son destin en main. Nous n’allons pas laisser notre destin être dérobé, être détruit par un homme et un groupe. Le peuple va, en prenant son destin en main, les mettre hors d’état de nuire ». Bruno Tshibala, alors Secrétaire général adjoint de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) est bel et bien l’auteur de cette citation, durant une interview en 2016.

Celui qui deviendra le Premier ministre de l’homme et du groupe contre lequel le peuple devrait se lever avait pourtant tout vrai. Car alors que la crise politique en République démocratique du Congo s’enfonce, les millions des Congolais qui en souffrent détiennent pourtant le pouvoir de changer les choses.

En effet, même après avoir été déçu par les Tshibala, le pouvoir congolais ou encore une opposition aussi impuissante qu’opportuniste, le peuple congolais a un rôle majeur à jouer, tandis que  son assourdissant et perpétuel silence ne saurait être une option, alors que la situation du pays appelle à prendre une position tranchée.

Dimanche, ce dimanche, les Catholiques prennent leur destin en mains. Ils ont lancé un mouvement de contestation aussi salutaire qu’importante, pour arriver à faire bouger les lignes tant du côté de Joseph Kabila que de ses opposants. Cependant, la Sainte Eglise, aussi forte que soit-elle, place le Congolais au cœur de sa propre action. Les prêtres catholiques, aussi nationalistes soient-ils, ne sauront en réalité se substituer à la masse populaire qui forme, qui devrait former, le socle de toute révolution utile.

Faire face aux politiques

Jamais, dans l’histoire du Congo, son peuple n’a été autant placé devant un miroir. Celui où on mire à la fois l’avenir et le passé. Ses souffrances, ses sauveurs, et même ses bourreaux. La crise, la situation économique difficile, la répression, les insuffisances des politiques… toutes ces calamités doivent recevoir une réponse aussi claire que déterminante d’une population qui doit à présenter se montrer, ou se taire à jamais. L’impuissance, l’inaction, ou encore l’insouciance sont des luxes que le Congolais ne saurait plus s’offrir.

La rue ou Kabila? Non, là n’est pas la question. Dimanche, il s’agit d’abord de prendre conscience, tous, de la gravité de la situation. Ni contre, ni pour. Ni soutien, ni désavoue, car le choix est celui entre le silence ou l’action. L’inaction, ou le changement. Agir. Se lever. Dire non. Dimanche, ce dimanche 21 janvier, c’est le rendez-vous de la conscience. De l’éveille. Celui qui devrait à jamais sceller l’avenir de toute lutte démocratique dans ce pays qui a pourtant difficultés plus titanesques que se défaire des jougs des politiques opportunistes.

Ni opposition, ni majorité. Ni affrontements, ni morts. Se lever seulement contre l’inaction, dans la paix, dans le calme. Faire signe de vie. Bouger. Montrer qu’à travers ses rues sales, inondées, mal entretenues ; qu’à travers ces contrées oubliées, il existe des femmes et des hommes du Congo qui aspirent à une meilleure vie. Un meilleur lendemain, et qui refuse de baisser les bras devant la fatalité imposée par une querelle politique qui confisque le futur de tout un peuple.

Dimanche, Policiers et civils pourront se regarder en face, dans le calme, avoir chacun conscience qu’il y a ici au Congo, à Kinshasa, à Lubumbashi, à Fizi, et partout ailleurs dans le fond pays, des âmes qui méritent mieux. Qui aspirent à plus. Qui exigent plus. Et qui veulent voir les meilleurs les diriger. Les choisir par le moyen d’élections libres, démocratiques et transparentes. Loin de toute succession stalinienne, de tout calculs occidentaux ou encore loin d’un jeu de chaise musicale.

Dimanche, ce dimanche, les femmes et les hommes du Congo sont appelés à exister, ou se taire à jamais dans un silence dont il faudra s’expliquer à la progéniture encrassée que chacun risque de léguer à la nation.

Litsani Choukran,
Le Fondé.