L‘élection de la discorde, pouvait-on dire tant à Kinshasa, qu’à New York où beaucoup ont rouspété après l’entrée de la République démocratique du Congo au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Cependant, d’autres ont préféré croire en la petite sincérité de circonstance clamée par les autorités congolaises. Tout fini par changer un jour, disait-on.

Toutefois, la tournure des événements ne donne pas raison à cette deuxième catégorie. Car, comme ses pairs, à savoir rwandais, ougandais et même libyen, le pouvoir congolais a peut-être, à l’image de l’Arabie-Saoudite ou encore d’Israël, pris cette élection comme un permis d’opprimer.

A Kinshasa, au moment où des organisations comme le Human Rights Watch découvraient le triomphe gênant de Kabila, les forces de l’ordre réprimaient une manifestation de l’opposition à Goma, capitale martyre du Nord-Kivu. A l’Université de Kinshasa, des étudiants en colère ont subi le même sort, et l’activiste Marie-Joelle Esimbo est depuis portée, transportée, aux cachots de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR).

A Lubumbashi, en ce moment même, et alors que l’Ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley est attendue au pays, l’élite de l’armée, accouplée à la police, fait concurrence à ses collègues de Kinshasa, en poursuivant un musèlement inquiétant de l’opposition dans cette province du Haut-Katanga en ébullition.

Tel un homme distribuant du Whisky à une réunion d’alcooliques anonymes, Kinshasa n’a pas attendu longtemps pour démontrer sa nature au monde qui avait encore foie en ce Conseil des droits de l’Homme pourtant critiqué. Il n’y aura de retrait à la Mubage, puisque le jeu d’alliances et le Realpolitik priment toujours sur la justice dans ce monde de plus en plus malade.

« La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien», disait un homme sage. Tout en restant professionnel, POLITICO.CD se joint, à travers la présente, aux victimes de cette oppression aveugle et en appelle à l’action.

« Mon Dieu,
Donnez-moi la sérénité
D’accepter
Les choses que je ne peux changer,
Le courage
De changer les choses que je peux,
Et la sagesse
D’en connaître la différence »

Comme cette  prière dite « de la Sérénité », rédigée par le théologien  américain Reinhold Niebuhr (1892–1971), et utilisée par les Alcooliques Anonymes dans leur parcours des Douze étapes, il convient de savoir, nous autres Congolais, que si nous acceptons que nous ne pouvons changer la nature de ce pouvoir perverti, qui n’en a cure de respecter les libertés individuelles et la Constitution de notre pays, alors il faut avoir le courage de changer ce qui doit l’être.

Au nom de POLITICO.CD,
LITSANI CHOUKRAN,
Directeur de Publication
Fondateur.