Après l’onde de choc occasionnée par l’éclatement de la plus grande coalition des opposants en République démocratique du Congo, il semble finalement que le duo contesté Félix Tshisekedi – Pierre Lumbi arrive finalement à convaincre ses alliés d’hier de revenir à leurs anciens amours.

Dès le dimanche dernier, le député Jean-Pierre Lisanga Bonganga, un des premiers à sonner la fronde s’est finalement résolu de soutenir Félix Tshisekedi qu’il ne voulait pas voir diriger à la fois le Rassemblement et la Primature. “L’unité de l’opposition est plus importante“, a-t-il confié à POLITICO.CD.

Le lendemain, Pierre Lumbi et Félix annoncent  des “consultations” auprès de tous les acteurs de la plateforme pour “trouver une solution“. “Le président Félix a décidé d’aller à la rencontre de ses frères pour faire barrage aux plans du pouvoir. Nous allons tout faire pour ramener à la raison ceux qui ont perdu le chemin“, a dit Augustin Kabuya, porte-parole de l’UDPS à POLITICO.CD.

Des rencontres ont donc eu lieu entre autres avec les dissidents de la Dynamique et des cadres de l’UDPS pour savoir s’il était possible “d’arrondir les anges“.  A la suite ce celles-ci, Martin Fayulu et Jean-Pierre Lisanga Bonganga ont rejoint les deux dirigeants pour continuer la prêche autour de l’unité.  Mardi,  Freddy Kita, un des signataires de l’acte de Geneval à Bruxelles appelait pour sa part à l’unité du Rassemblement qu’il considère comme “un et indivisible”.

Je tiens à préciser qu’au sein du Rassemblement, il n’y a pas de crise ni de division. Il n’y a pas deux ou trois factions au sein du mouvement. Le Rassemblement a été créé à Geneval en juin 2016 par le père de la démocratie congolaise, Etienne Tshiskedi wa Mulumba. Qu’on arrête un peu avec ce discours de crise, de factions, ou de trois composantes du Rassemblement. Non, le Rassemblement est un et indivisible“, a dit M. Kita, joint au téléphone par POLITICO.CD.

Dans la foulée, la Société civile annonce son soutien au message de la cohésion à travers un communiqué où elle  facilité Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi pour leur désignation “par consensus”. “Nous attestons que le Rassemblement des forces politiques et sociales a été créé par 9 plateformes, à l’issue de la conférence organisée par le Président Etienne Tshisekedi, à Genval en Belgique, et non par des individus“, déclare Georges Kapiamba pour couper court à la polémique sur les pères fondateurs de cette coalition.

Mercredi matin, Gabriel Kyungu, dont le soutien n’était pourtant pas remis en cause, s’affiche aux côtés du duo et appelle à s’unir contre Kabila. Dans le communiqué où il s’est exprimé, le Président de l’Unafec appelle les uns et les autres à ne pas considéré que Félix Tshisekedi occupe actuellement la présidence de ce regroupement politico-social, parce qu’il est le fils d’Étienne Tshisekedi.” Il mérite d’avoir la confiance de tous les membres du Rassemblement pour son implication dans le combat pour le peuple“, pense l’ancien président de l’Assemblée provinciale du Katanga.

Dans la soirée, c’est finalement autour de Gilbert Kiakwama d’annoncer son volte-face. Quelles que soient les frustrations, les désaccords, les colères nous pouvons continuer sur le tronc commun que nous nous étions librement donnés en choisissant Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO comme futur Premier Ministre de la Transition. Fort de cette légitimité démocratique, il lui revient de rapidement ressouder les cadres du Rassemblement dans la diversité de leurs plateformes, d’indiquer un cap et d’imprimer un rythme. Je lui avais assuré de mon plein soutien, il sait que je ne suis pas homme à me parjurer donc, il peut compter sur moi. Je lui demande de créer les conditions de la mise en œuvre rapide de « l’Accord du 31/12/2016 » et partant atteindre l’Alternance attendue par notre Peuple et nos partenaires. J’invite tous les déçus à l’aider à réussir dans l’intérêt des Congolais d’aujourd’hui et de demain“, conclu Gibert Kiakwama dans un long communiqué.

Cette “remontada” qui à ce jour affaiblie considérablement la dissidence de Joseph Olenghankoy, devrait logiquement augmenter les chances de voir les opposants se réunir de nouveau sous la même bannière. Même si, Raphaël Katebe qui a été radié du Rassemblement et le groupe du ministre Patrick Mayombe boudent toujours.