Le gouvernement de la République démocratique du Congo refuse toujours de participer à la conférence des donateurs sur la crise humanitaire qui s’ouvre aujourd’hui à Genève. Kinshasa qui affirme qu’il n’a pas été associé à l’organisation de cette conférence, rejetant spécifiquement la quote-part d’aide humanitaire qui provient de la Belgique, en conflit ouvert avec le gouvernement.

Le ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, confirme cependant la participation de son pays à cette conférence. « Cette conférence humanitaire n’a qu’un seul but, on essaie d’aider la population congolaise le plus possible. Naturellement le fait que le gouvernement congolais a décidé de ne pas y participer est clairement un mauvais signal, mais nous resterons aux côtés de la population congolaise qui est dans une situation très, très pénible. Et nous continuerons à les supporter », dit-il jeudi, cité par BELGA.

Pour lui, la Belgique joue un rôle très important en RDC. « L’année passée, nous avons déboursé 17 millions d’euros, nous étions, en chiffres absolus, le quatrième pays donateur au Congo. Et l’année prochaine nous ferons plus que 25 millions d’euros. Ce qui est vraiment nécessaire aujourd’hui, puisque à peine 55 % des besoins humanitaires sont financés. On essaie d’aider des gens, on ne fait pas de la politique. Mais naturellement, les raisons de la crise humanitaire c’est l’insécurité, c’est la violence. Naturellement si la situation politique au Congo se stabilisait, on n’aurait pas autant de besoins humanitaires ».

Kinshasa ne veut pas de l’argent belge

Selon Jeune Afrique, l’ancienne puissance coloniale a déjà débloqué plus de 11,6 millions de dollars sur les 18 millions promis à ce jour.  Une situation que dénonce le chef de la diplomatie congolaise. « Les ONG qui recevront cet argent ne seront pas autorisées à travailler dans notre pays », lance Léonard She Okitundu, cité par Jeune Afrique. « La Belgique a décidé de rompre de manière unilatérale sa coopération bilatérale avec nous, nous devons aller au bout de cette logique », poursuit-il.

Les relations entre Kabila et Bruxelles sont très tendues. En novembre dernier, aucun officiel du gouvernement congolais n’a daigné se déplacer pour assister à l’inauguration de la nouvelle Ambassade à Kinshasa. Des partisans du gouvernement ont en outre manifesté contre le Chef de la diplomatie belge Didier Rendyers, lui demandant de restituer la dépouille du héros congolais de la lutte pour l’indépendance, Patrice Lumumba.

En octobre, le vice-Premier ministre belge, Alexander De Croo, a laissé entendre, dans une interview au média belge néerlandophone MO.be que la République démocratique du Congo n’était « pas un État, mais un système d’enrichissement personnel »

Le ministre congolais Lambert Mende, porte-parole du gouvernement a refusé de réagir aux affirmations du ministre belge. « Nous préférons ne pas réagir à des tels propos qui ne sont pas dignes du niveau de responsabilité de notre ami »